Sunday, 8 January 2023

bubble bo(o)ts

Les bons arbitrages, devenus rares en finance, sont désormais à faire…online. Les mêmes bonnes conditions qui garantissaient le succès sur les marchés financiers s’y découvrent : mimétisme à gogo (retail targeting), bots-at-scale, inefficiences des e-marchés : éditions (super) limitées (rareté organisée) à foison, platforms éclatées insuffisamment sécurisées (faisant les choux gras de sociétés anti-bot comme Akamai) : des mers chaudes pour pirates.

Des bots qui doivent apprendre à 'mentir' / à détecter le 'mensonge' (= bot shopper):

What they’re up against, when it comes to top-flight cybersecurity firms like Akamai, are machine-learning tools that act as a kind of Turing test. “What they are doing to some extent, as a bot, is telling a lie, so the question becomes whether we can spot the lie in what’s happening,” Sullivan says.

On a correctement prédit que la structure des bulles des marchés financiers s'applique logiquement au monde internet (voir également Reddit small cap trading etc)


https://www.bloomberg.com/news/features/2021-10-25/how-bots-are-buying-up-all-this-year-s-hottest-christmas-gifts

Tuesday, 27 December 2022

figures du réel XXVIII : nocturnes IV / 2C XIII : intuition*

 Qu’est ce que l’intuition* : une vue sur b depuis a : a→b, qui illumine b justement pq il offre une voie nouvelle sur b, une sortie du cadre contextuel de b (les 'sempiternels' c1,c2,... →b)

donc c’est en venant de a que ce contexte est renouvelé : qu’une intuition* naît sur b.


le * est mérité : c'est bien plutôt de détournement, de reroutage ou de dévoiement inopiné (de a vers b) qu'il s'agit.

même, de dépaysement.

ex récent : Connes re-lisant les topos depuis l'inconscient freudien, les topos classifiant depuis les mythes (schizoïdes)...

Saturday, 1 October 2022

figures du réel XXVI : élire ⊦ lire ⇒ mythologie ⊦ logomythie :: ratio ⊦ lyre

lire ou élire, il faut choisir
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la foule et son guide : so foul and fair a day
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{foule, guide}: miroir qui rend fou
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mythologie démocratique
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{auteur, lecteur, texte} : (tragique de l') inter-texte [I] : lyre : L
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                              texte
                                /   \ 
                                   I 
                            /           \
                   auteur -------lecteur
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auteur et lecteur : face au texte
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écrire et lire : con-vocation du texte
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théâtre (2S : Shakespeare, Sophocle) : logomythie
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élire ⊦ lire ⇒ mythologie ⊦ logomythie
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ratio : ordre public < logos
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lyre < λήθη




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mythologie ⊦ logomythie :: ratio ⊦ lyre




Wednesday, 28 September 2022

figures du réel XXV : nocturnes II : le marchepied fuchsien de Poincaré

nocturnes de Poincaré : le marchepied fuchsien :

Depuis quinze jours, je m’efforçais de démontrer qu’il ne pouvait exister aucune fonction analogue à ce que j’ai appelé depuis les fonctions fuchsiennes ; j’étais alors fort ignorant ; tous les jours, je m’asseyais à ma table de travail, j’y passais une heure ou deux, j’essayais un grand nombre de combinaisons et je n’arrivais à aucun résultat. Un soir, je pris du café noir, contrairement à mon habitude, je ne pus m’endormir : les idées surgissaient en foule ; je les sentais comme se heurter, jusqu’à ce que deux d’entre elles s’accrochassent, pour ainsi dire, pour former une combinaison stable. Le matin, j’avais établi l’existence d’une classe de fonctions fuchsiennes, celles qui dérivent de la série hypergéométrique

[..]
    
    Je voulus ensuite représenter ces fonctions par le quotient de deux séries ; cette idée fut parfaitement consciente et réfléchie ; l’analogie avec les fonctions elliptiques me guidait. Je me demandai quelles devaient être les propriétés de ces séries, si elles existaient, et j’arrivai sans difficulté à former les séries que j’ai appelées thétafuchsiennes.

    À ce moment, je quittai Caen, où j’habitais alors, pour prendre part à une course géologique entreprise par l’École des Mines. Les péripéties du voyage me firent oublier mes travaux mathématiques ; arrivés à Coutances, nous montâmes dans un omnibus pour je ne sais quelle promenade ; au moment où je mettais le pied sur le marche-pied, l’idée me vint, sans que rien de mes pensées antérieures parût m’y avoir préparé, que les transformations dont j’avais fait usage pour définir les fonctions fuchsiennes étaient identiques à celles de la géométrie non-euclidienne. 

[..]

Je me mis alors à étudier des questions d’arithmétique sans grand résultat apparent et sans soupçonner que cela pût avoir le moindre rapport avec mes recherches antérieures. Dégoûté de mon insuccès, j’allai passer quelques jours au bord de la mer, et je pensai à tout autre chose. Un jour, en me promenant sur la falaise, l’idée me vint, toujours avec les mêmes caractères de brièveté, de soudaineté et de certitude immédiate, que les transformations arithmétiques des formes quadratiques ternaires indéfinies étaient identiques à celles de la géométrie non-euclidienne.
Étant revenu à Caen, je réfléchis sur ce résultat, et j’en tirai les conséquences ; l’exemple des formes quadratiques me montrait qu’il y a des groupes fuchsiens autres que ceux qui correspondent à la série hypergéométrique ; je vis que je pouvais leur appliquer la théorie des séries thétafuchsiennes et que, par conséquent, il existait des fonctions fuchsiennes autres que celles qui dérivent de la série hypergéométrique, les seules que je connusse jusqu’alors. Je me proposai naturellement de former toutes ces fonctions ; j’en fis un siège systématique et j’enlevai l’un après l’autre tous les ouvrages avancés ; il y en avait un cependant qui tenait encore et dont la chute devait entraîner celle du corps de place. Mais tous mes efforts ne servirent d’abord qu’à me mieux faire connaître la difficulté, ce qui [53] était déjà quelque chose. Tout ce travail fut parfaitement conscient.
Là-dessus, je partis pour le Mont-Valérien, où je devais faire mon service militaire ; j’eus donc des préoccupations très différentes. Un jour, en traversant le boulevard, la solution de la difficulté qui m’avait arrêté m’apparut tout à coup. Je ne cherchai pas à l’approfondir immédiatement, et ce fut seulement après mon service que je repris la question. J’avais tous les éléments, je n’avais qu’à les rassembler et à les ordonner. Je rédigeai donc mon mémoire définitif d’un trait et sans aucune peine.

[..]
La nécessité de la seconde période de travail conscient, après l’inspiration, se comprend mieux encore. Il faut mettre en œuvre les résultats de cette inspiration, en déduire les conséquences immédiates, les ordonner, rédiger les démonstrations, mais surtout il faut les vérifier. J’ai parlé du sentiment de certitude absolue qui accompagne l’inspiration ; dans les cas cités, ce sentiment n’était pas trompeur, et le plus souvent, il en est ainsi ; mais il faut se garder de croire que ce soit une règle sans exception ; souvent ce sentiment nous trompe sans pour cela être moins vif, et on ne s’en aperçoit que quand on cherche à mettre la démonstration sur pied. J’ai observé surtout le fait pour les idées qui me sont venues le matin ou le soir dans mon lit, à l’état semi-hypnagogique.

*
En mathématiques nous faisons tout à fait la même chose ; des éléments variés dont nous disposons, nous pouvons faire sortir des millions de combinaisons différentes ; mais une de ces combinaisons, tant qu’elle est isolée, est absolument dépourvue de valeur ; nous nous sommes souvent donné beaucoup de peine pour la construire, mais cela ne sert absolument à rien, si ce n’est peut-être à donner un sujet de devoir pour l’enseignement secondaire. Il en sera tout autrement le jour où cette combinaison prendra place dans une classe de combinaisons analogues et où nous aurons remarqué cette analogie ; nous ne serons plus en présence d’un fait, mais d’une loi. Et, ce jour-là, le véritable inventeur, ce ne sera pas l’ouvrier qui aura patiemment édifié quelques-unes de ces combinaisons, ce sera celui qui aura mis en évidence leur parenté. Le premier n’aura vu que le fait brut, l’autre seul aura senti l’âme du fait. Souvent, pour affirmer cette parenté, il lui aura suffi d’inventer un mot nouveau, et ce mot aura été créateur ; l’histoire de la science nous fournirait une foule d’exemples qui sont familiers à tous.
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Parmi les combinaisons que l’on choisira, les plus fécondes seront souvent celles qui sont formées d’éléments empruntés à des domaines très éloignés ; et je ne veux pas dire qu’il suffise pour inventer de rapprocher des objets aussi disparates que possible ; la plupart des combinaisons qu’on formerait ainsi seraient entièrement stériles ; mais quelques-unes d’entre elles, bien rares, sont les plus fécondes de toutes.
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quand une illumination subite envahit l’esprit du mathématicien, il, arrive le plus souvent qu’elle ne le trompe pas ; mais il arrive aussi quelquefois, je l’ai dit, qu’elle ne supporte pas l’épreuve d’une vérification ; eh bien ! on remarque presque toujours que cette idée fausse, si elle avait été juste, aurait flatté notre instinct naturel de l’élégance mathématique. Ainsi c’est cette sensibilité esthétique spéciale, qui joue le rôle du crible délicat dont je parlais plus haut, et cela fait comprendre assez pourquoi celui qui en est dépourvu ne sera jamais un véritable inventeur.
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Peut-être faut-il chercher l’explication dans cette période de travail conscient préliminaire qui précède toujours tout travail inconscient fructueux. Qu’on me permette une comparaison grossière.  Représentons-nous les éléments futurs de nos combinaisons comme quelque chose de semblable aux atomes crochus d’Épicure. Pendant le repos complet de l’esprit, ces atomes sont immobiles, ils sont pour ainsi dire accrochés au mur ; ce repos complet peut donc se prolonger indéfiniment sans que ces atomes se rencontrent, et, par conséquent, sans qu’aucune combinaison puisse se produire entre eux. 
Au contraire, pendant une période de repos apparent et de travail inconscient, quelques-uns d’entre eux sont détachés du mur et mis en mouvement. Ils sillonnent dans tous les sens l’espace, j’allais dire la pièce où ils sont enfermés, comme pourrait le faire, par exemple, une nuée de moucherons, ou, si l’on préfère, une comparaison plus savante, comme le font les molécules gazeuses dans la théorique cinétique des gaz. Leurs chocs mutuels peuvent alors produire des combinaisons nouvelles.

Quel va être le rôle du travail conscient préliminaire ? C’est évidemment de mobiliser quelques-uns de ces atomes, de les décrocher du mur et de les mettre en branle. On croit qu’on n’a rien fait de bon parce qu’on a remué ces éléments de mille façons diverses pour chercher à les assembler et qu’on n’a pu trouver d’assemblage satisfaisant. Mais, après cette agitation qui leur a été imposée par notre volonté, [61] ces atomes ne rentrent pas dans leur repos primitif. Ils continuent librement leur danse.
Or, notre volonté ne les a pas choisis au hasard, elle poursuivait un but parfaitement déterminé ; les atomes mobilisés ne sont donc pas des atomes quelconques ; ce sont ceux dont on peut raisonnablement attendre la solution cherchée. Les atomes mobilisés vont alors subir des chocs, qui les feront entrer en combinaison, soit entre eux, soit avec d’autres atomes restés immobiles et qu’ils seront venus heurter dans leur course. Je demande pardon encore une fois, ma comparaison est bien grossière ; mais je ne sais trop comment je pourrais faire comprendre autrement ma pensée.
Quoi qu’il en soit, les seules combinaisons qui ont chance de se former, ce sont celles où l’un des éléments au moins est l’un de ces atomes librement choisis par notre volonté. Or, c’est évidemment parmi elles que se trouve ce que j’appelais tout à l’heure la bonne combinaison. Peut-être y a-t-il là un moyen d’atténuer ce qu’il y avait de paradoxal dans l’hypothèse primitive. 

*
réel mathématique :

Mais croit-on que les mathématiques aient atteint la rigueur absolue sans faire de sacrifice ? Pas du tout, ce qu’elles ont gagné en rigueur, elles l’ont perdu en objectivité. C’est en s’éloignant de la réalité qu’elles ont acquis cette pureté parfaite. On peut parcourir librement tout leur domaine, autrefois hérissé d’obstacles, mais ces obstacles n’ont pas disparu. Ils ont seulement été transportés à la frontière et il faudra les vaincre de nouveau si l’on veut franchir cette frontière pour pénétrer dans le royaume de la pratique.
On possédait une notion vague, formée d’éléments disparates, les uns a priori, les autres provenant d’expériences plus ou moins digérées ; on croyait en connaître, par l’intuition, les principales propriétés. Aujourd’hui on rejette les éléments empiriques en ne conservant que les éléments a priori ; c’est l’une des propriétés qui sert de définition et toutes les autres s’en déduisent par un raisonnement rigoureux. C’est très bien, mais il reste à prouver que cette propriété, qui est devenue une définition, appartient bien aux objets réels que l’expérience nous avait fait connaître et d’où nous avions tiré notre vague notion intuitive. Pour le prouver, il faudra bien en appeler à l’expérience, ou faire un effort d’intuition, et si nous ne pouvions le prouver, nos théorèmes seraient parfaitement rigoureux, mais parfaitement inutiles. 

Poincaré, in Science et méthode.

Saturday, 24 September 2022

abstractio : vie, chimie et apprentissage

abstractio (parfois au sens péj. de rêverie... )

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Ex :  'qu'est-ce que la vie' :

https://www.youtube.com/watch?v=J-pV9vxMF8Q

Sunday, 11 September 2022

figures du réel XXIV : nocturnes : Jekyll/Hyde



Jekyll/Hyde // day/night : un rapprochement diurne-nocturne : twilight 
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'split personality' : tout l'inverse
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transformation physique (prétexte à automythologie : creature / savage / hunt / brute / satan etc) : le médecin en Colomb de son propre corps : younger, slighter, bolder
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Hyde, créature de rêve : quickness de rêve
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J/H : +/-//-/+ : la polarité n'est pas pertinente (elle est réversible), c'est l'écart qui importe : une 'distance personnelle' figure de l'Evènement*/aletheia*/épiphanie* : Ext.
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auto-mythologie : le récit de J |- réel/vrai/logomythie: le rapprochement.
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naturellement, le rapprochement est subjectivement vécu (et conté) depuis J (et ses équivalents Utterson et Lanyon).
L'asymétrie se retrouve dans la 'victoire' de Hyde : mue faustienne de J.
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premiers contacts avec la 'bête' : 

He must be deformed somewhere; he gives a strong feeling of deformity, although I  couldn't specify the point. He's an extraordinary looking man, and yet I really can name nothing out of the way. No, sir; I can make no hand of it; I can't describe him. And it's not want of memory; for I declare I can see him this moment."

de-formity / extraordinary looking /can name nothing .. : in-défini, et pourtant I can see him this moment : réel/logos (autre twilight)

The other snarled aloud into a savage laugh; and the next moment, with extraordinary quickness, he had unlocked the door and disappeared into the house.
extraordinary est extraordinaire ds le texte : 2 mentions seulement, dénotant Hyde uniquement.
on note, outre savage, quickness, répété dans la description de Poole, le majordome :
"But if you mean, was it Mr. Hyde?--why, yes, I think it was! You see, it was much of the same bigness; and it had the same quick, light way with it;


My reason wavered, but it did not fail me utterly. I have more than once observed that in my second character, my aculties seemed sharpened to a point and my spirits more tensely elastic; thus it came about that, where Jekyll perhaps might have succumbed, Hyde rose to the importance of the moment.

quickness, elasticity de l'esprit également donc (on peut supposer que Henry Jekyll, M.D., D.C.L., L.L.D.,F.R.S., etc n'est pas un esprit lent...), rose to the importance of the Moment / aletheia / Ereignis

force prodigieuse, malgré une petite taille : tout en muscle : 
The stick with which the deed had been done, although it was of some rare and very tough and heavy wood, had broken in the middle under the stress of this insensate cruelty


But when I slept, or when the virtue of the medicine wore off, I would leap almost without transition (for the pangs of transformation grew daily less marked) into the possession of a fancy brimming with images of terror, a soul boiling with causeless hatreds, and a body that seemed not strong enough to contain the raging energies of life. The powers of Hyde seemed to have grown with the sickliness of Jekyll.


With Jekyll, it was a thing of vital instinct. He had now seen the full deformity of that creature that shared with him some of the phenomena of consciousness, and was co-heir with him to death: and beyond these links of community, which in themselves made the most poignant part of his distress, he thought of Hyde, for all his energy of life, as of something not only hellish but inorganic. This was the shocking thing; that the slime of the pit seemed to utter cries and voices; that the amorphous dust gesticulated and sinned; that what was dead, and had no shape, should usurp the offices of life. And this again, that that insurgent horror was knit to him closer than a wife, closer than an eye; lay caged in his flesh, where he heard it mutter and felt it struggle to be born; and at every hour of weakness, and in the confidence of slumber, prevailed against him, and deposed him out of life.

la vie brute, pas juste brutish, péniblement reconnue par Jekyll : a body that seemed not strong enough to contain the raging energies of life, dont Jekyll veut croire qu'il est inorganic, amorphous, bien que knit to him closer than a wife, struggling to be born, et deposing him à tout heure du jour et de la nuit.


I was the first that could plod in the public eye with a load of genial respectability, and in a moment, like a schoolboy, strip off these lendings and spring headlong into the sea of liberty. But for me, in my impenetrable mantle, the safety was complete.
like a schoolboy < youth
spring headlong < quick
sea of liberty


Yes, I preferred the elderly and discontented doctor, surrounded by friends and cherishing honest hopes; and bade a resolute farewell to the liberty, the comparative youth, the light step, leaping impulses and secret pleasures, that I had enjoyed in the disguise of Hyde.

liberty, youth, light step, leaping impulses
secret pleasures


And yet when I looked upon that ugly idol in the glass, I was conscious of no repugnance, rather of a leap of welcome.



I do not suppose that, when a drunkard reasons with himself upon his vice, he is once out of five hundred times affected by the dangers that he runs through his brutish, physical insensibility;


The most racking pangs succeeded: a grinding in the bones, deadly nausea, and a horror of the spirit that cannot be exceeded at the hour of birth or death. Then these agonies began swiftly to subside, and I came to myself as if out of a great sickness. There was something strange in my sensations, something indescribably new and, from its very novelty, incredibly sweet. I felt younger, lighter, happier in body; within I was conscious of a heady recklessness, a current of disordered sensual images running like a millrace in my fancy, a solution of the bonds of obligation, an unknown but not an innocent freedom of the soul. I knew myself, at the first breath of this new life, to be more wicked, tenfold more wicked, sold a slave to my original evil; and the thought, in that moment, braced and delighted me like wine. I stretched out my hands, exulting in the freshness of these sensations; and in the act, I was suddenly aware that I had lost in stature.

new + life : re/naissance. ré-juvénation : something indescribably new and, from its very novelty, incredibly sweet, younger, lighter, happier in body, first breath, I stretched, freshness, sensations, 


There was no mirror, at that date, in my room; that which stands beside me as I write, was brought there later on and for the very purpose of these transformations. The night however, was far gone into the morning--the morning, black as it was, was nearly ripe for the conception of the day--the inmates of my house were locked in the most rigorous hours of slumber; and I determined, flushed as I was with hope and triumph, to venture in my new shape as far as to my bedroom.

baroque/gothique anglais, remontant au moins à Shakespeare : 'ripe for the conception of the day'.
contraste entre le silence baignant la demeure et la re/naissance de Hyde.

I crossed the yard, wherein the constellations looked down upon me, I could have thought, with wonder, the first creature of that sort that their unsleeping vigilance had yet disclosed to them; I stole through the corridors, a stranger in my own house; and coming to my room, I saw for the first time the appearance of Edward Hyde.

the constellations looked down upon me with wonder : CF Macbeth
stole / quick
stranger : re-né


The creature who crept into my house that night was, on Jekyll's own confession, known by the name of Hyde and hunted for in every corner of the land as the murderer of Carew.
l'animal traqué

De même Lanyon, l'éternel rival : 
I saw what I saw, I heard what I heard, and my soul sickened at it; and yet now when that sight has faded from my eyes, I ask myself if I believe it, and I cannot answer.

Voilà Utterson, bachelor mort-vivant :
Mr. Utterson the lawyer was a man of a rugged countenance that was never lighted by a smile; cold, scanty and embarrassed in discourse; backward in sentiment; lean, long, dusty, dreary and yet somehow lovable
qui s'éveille lui aussi au contact de la (transformation de) la bête : surprise : vie

He put the glass to his lips and drank at one gulp. A cry followed; he reeled, staggered, clutched at the table and held on, staring with injected eyes, gasping with open mouth; and as I looked there came, I thought, a change--he seemed to swell--his face became suddenly black and the features seemed to melt and alter--and the next moment, I had sprung to my feet and leaped back against the wall, my arms raised to shield me from that prodigy, my mind submerged in terror.

la transformation r/éveille le lawyer.

*
Hyde né 2 fois : https://www.theguardian.com/uk/2000/oct/25/books.booksnews