Tuesday, 17 January 2017
Le Moigne dixit
1. obviously links exists between systemics and learning
2.
Jean-Louis Le Moigne "La théorie du système générale"
p XI
La méthodologie appelle et est appelée par
l’épistémologie, qui appelle et est appelée par l’éthique,
qui… Si l’on avait interrogé les fichiers des grandes bibliothèques
scientifiques internationales sur le thème des méthodes d’études
des systèmes complexes vers 1975, je présume que l’on aurait
recensé un petit millier d’entrées bibliographiques. Trente ans plus
tard, un appel sur le Web − via un moteur de recherche − nous
propose plus de 350 millions d’entrées dont plusieurs centaines de
centres de recherches universitaires et presque autant de revues
spécialisées. Foisonnement fort significatif et au demeurant
encourageant quant à la capacité d’adaptation d’institutions
souvent tenues pour conservatrices. Si on limite l’examen à ces
‘notables’, on est certes impressionné par cette vitalité, mais on
s’interroge vite : la plupart des études se présentent sous la forme
de créations et d’applications de ‘méthodes de résolution de
problèmes’ présumés déjà posés ou susceptibles de se poser.
Méthodes de plus en plus informatisées ou informatisables qui
laissent souvent encore à la charge des ‘utilisateurs’ la tâche de
formulation de leur problème dans des termes compatibles avec le
langage informatique dans lequel les méthodes peuvent s’appliquer.
Souvent décrites en termes mathématiques et algorithmiques,
(dynamique des systèmes non linéaires, etc.), ces méthodes se
diversifient de mille façons, en s’aidant des ressources de la simulation
informatique (réseaux neuronaux, etc.) ou des ‘raisonnements
qualitatifs’ (‘qualitative reasoning’, ‘case based reasoning’, etc.). Il est
manifeste qu’en se développant, elles suscitent de nouvelles
explorations, de nouveaux questionnements, et suggèrent des
renouvellements progressifs de leur propre problématique.
Mais dans la plupart des cas, on est surpris par la légèreté de la
critique épistémique interne pouvant légitimer le bon usage de ces
méthodes. Et lorsqu’on cherche à identifier ces bases
conceptuelles, on rencontre sans surprise celles que nous livrent
fort bien les mathématiques ensemblistes et probabilistes que l’on
peut aujourd’hui appeler classiques. Le concept de système
complexe est ici un substitut élégant pour dire ‘très grand système
hyper compliqué, identifiable et dénombrable’. Mais le procédé
n’est-il pas trompeur et, d’une certaine façon, dissuasif ?
La parabole de l’ivrogne cherchant la nuit sa clé sous le
réverbère, moins par conviction de l’avoir perdue là que parce que
c’est le seul endroit où il fait clair, permet de souligner l’enjeu : On
développe des méthodologies de résolution peu ou pas
contextualisées, sans s’attacher à expliciter les fins que ces
méthodes sont censées servir. Et on oublie souvent de se doter de
la capacité critique pouvant orienter une interprétation intelligente
et téléologique de leur utilisation.
Dans le même temps, on ne consacre que peu ou pas d’effort
aux développements de méthodes critiques de ‘formulation de
problèmes’. Ceci parce que l’on craint (à juste titre) de ne disposer
pour ce faire que de méthodes heuristiques, tâtonnantes et
formellement peu ‘élégantes’ pour ‘traiter’ ces problèmes de
formulation de problèmes dont l’énoncé même évoluera au fil de
la recherche. On sait que le développement de telles méthodes fut
rarement gratifiant au regard des académies.
Or ce sont précisément ces méthodes de modélisation (et de
méta-modélisation) qu’il importe aujourd’hui de développer à
nouveau lorsqu’on veut aborder l’examen de systèmes complexes,
quels que soient les domaines considérés. Cette prise de
conscience est sans doute encore trop lente dans nos institutions
d’enseignement, mais elle semble s’accélérer depuis quelques
années, assure-t-on, sous la pression des ‘sociétés civiles’ de plus
en plus attentives à leurs responsabilités dans les domaines de leurs
politiques scientifiques. On citera ici quelques lignes d’une sorte de
‘manifeste’ publié par le CNRS Français en 2002 sous le titre
‘Construire une politique scientifique'...
3. promising Categorification of Systems Engineering by Luzeaux :
D. Luzeaux, “A formal foundation of systems engineering,”
in Complex Systems Design & Management. Springer,
2015, pp. 133–144
4. on line : "Category Theory as a Formal Mathematical Foundation
for Model-Based Systems Engineering"
Mohamed A. Mabrok and Michael J. Ryan
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