Sunday, 19 September 2021

figures du réel XI : Descola, Feyerabend



Selon Descola, la dichotomie Nature / culture est une invention occidentale.

Mais la distinction nature / culture ne cache-t-elle pas un invariant plus fondamental ?

Derrière les dichotomies difficilement expugnables de l’occident (même après tentatives ‘critiques’: déconstruction etc) : science / non science, math / poésie, rationnel / irrationnel, … ne faut-il pas chercher d’abord un principe directeur plus fondamental, qui serait un habitus, un ‘gène’ : ordre, ou hiérarchie serait son ‘phénotype’. Donc là où le non choix / valeur serait la norme des peuples éloignés, un schème d’ordonnance présiderait à toutes nos représentations et institutions.

A la place d’une classification plate, -en peigne - , une classification ordonnée, - arborescente - qui nous amène à hiérarchiser nos propres représentations parmi les plus valorisées (math / poésie).

Une ‘preuve’ à la Feyerabend de cela serait de remarquer que nous sommes capables de renverser des hiérarchies anciennes : la crise Copernicienne marque la bascule religion / science, ou la Raison change de côté.

Autrement dit, seule la notion d'ordre est invariante, pas les objets sur lesquels il porte.

La dualité nature / culture ne serait qu’un avatar de ce schème.

Et ceci n’aurait pas toujours été le cas en ‘occident’ : le polythéisme de l’Iliade semble décalé dans notre monde (oui même celui des présocratiques déjà) ou le monisme (d’abord religieux puis ‘séculier’ : la Science) domine.

Il n'est pas inintéressant de remarquer que l'arbre de l'évolution de Darwin est tout autant une classification qu'un jugement de valeur. Et d'ajouter que le changement de paradigme induit par le dépassement du graphe particulier qu'est l'arbre au profit de graphes plus généraux (réticulés), comme suggéré par Eric Bapteste, n'est pas un petit pas conceptuel.

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