métamorphose (/mutation) : by the pricking of my thumbs Hyde this way comes
Pour moi, ce fait était saisi, et accepté comme tel, un certain jour de la mi-novembre l’an dernier, il y a un peu plus de six mois. C’est venu alors sans surprise d’ailleurs, comme chose quasiment qui irait de soi, mais que je n’aurais pas pris la peine jusque-là de me dire expressément. Rien de “dingue” donc, encore, à ce moment-là. La chose est constatée comme “en passant”, en cours de méditation sur un de mes premiers rêves “mystiques”. Elle a passé presque inaperçue alors. J’étais tellement plus accroché par l’émotion si pénétrante qui imprégnait le rêve ! En comparaison, ce fait ma foi curieux, apparut alors pour la première fois dans le champ de mon attention, l’espace d’un petit quart d’heure peut-être, faisait bien pâle, bien “intellectuel” C’est au cours des semaines et des mois qui ont suivi, seulement, que la portée de ce “fait curieux”, relevé en passant, a commencé peu à peu à m’apparaître.
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“voix du bon sens” vs voix du maniaque : listening Hyde
Et pourtant, si à ce moment j’avais posé pendant quelques instants, pour me sonder à ce sujet-là, j’aurais su que dans mon travail de mathématicien tout au moins, tout ce que j’ai fait de bon et de meilleur (et surtout tout ce à quoi personne n’avait jamais songé et qui pourtant, après coup, s’avérait comme ce qui “crevait les yeux”) - c’est toujours à l’encontre de cette soidisante “voix du bon sens” que je l’ai fait, pour avoir su écouter une autre voix en moi : celle justement de ce “maniaque”, du gars “pas sérieux” sur les bords, celui qui n’en fait qu’à sa tête et pour lequel je plaidais l’indulgence…
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réalité fantastique (/spirituelle)
Et s’il y a une chose qui m’intéresse, en écrivant ce livre, ce ne sont théories ni spéculations, mais bien la réalité la plus immédiate, la plus irrécusable - telle celle, notamment, que nuit après nuit nous vivons dans nos rêves.
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Création unique des mains 'du' créateur
parole drue ou parole truculente, jamais banale, toujours pertinente, toujours instructive, et bienfaisante - une création, en un mot, sortie toute chaude des mains du Créateur ! Une chose unique, différente de toutes celles qui furent ou qui seront jamais créées, et créée là sous tes yeux et avec ton involontaire concours, sans tambour ni trompette et (semblerait-il) à ta seule intention.
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Réjuvénation hydienne :
Se détourner des autres c’était aussi, un peu, me dépouiller pour un moment de ma lourdeur coutumière, et me retrouver dans ce qu’il y a de meilleur en moi, par cette communion espiègle, cette connivence avec Celui qui me parlait par le rêve.
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foi… en moi
À vrai dire, avant aujourd’hui, je n’ai jamais songé à m’interroger sur la provenance de cette connaissance, de cette confiance totale, cette foi. Elle est de même nature, il me semble, que la connaissance que j’ai depuis toujours de la “force” en moi - de la capacité de connaître de première main, et de créer sans avoir à imiter quiconque. Les deux connaissances me semblent quasiment indistinguables.
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Hyde souriant : ce frère infiniment libre, puissant… et drôle
Sans me l’être jamais dit en clair, je sentais bien, d’emblée, que ce qu’il y avait de meilleur en moi était de la même essence que le Rêveur. Il était un peu comme un frère aîné, espiègle et bienveillant, sans la moindre complaisance et en même temps d’une inlassable patience. Certes, il me dépassait infiniment par le savoir, par la pénétration du regard, par son prodigieux pouvoir d’expression et, surtout, par une liberté déconcertante, infinie. Pourtant, tout limité que je sois, enfermé de toutes parts par mes œillères, il y avait, jamais formulé, cet irrécusable sentiment de parenté. Il était confirmé par l’intérêt évident que le Rêveur prenait à ma modeste personne. Mais surtout, il me semble, ce sentiment apparaissait dans une sorte de connivence quasiment, se manifestant dans certains rêves ; dans ceux surtout qui recélaient un comique caché, souvent désopilant, derrière des apparences gravissimes, voire dramatiques ou macabres. Arriver à “entrer” dans un de mes rêves et par là-même, dans l’esprit
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divine surprise
Pour ce qui est de l’existence du Rêveur, si j’en ai eu finalement le cœur net, ce n’est pas à la suite d’une réflexion (laquelle n’eut jamais lieu), mais par l’apparition inopinée du Rêveur en personne !
Ce signe que me faisait le Rêveur m’a fait comprendre soudain la chance vraiment dingue, la chance inouïe qui m’était offerte, depuis toujours sûrement, mais que je n’avais pas su voir et saisir pleinement jusque-là, il s’en fallait de beaucoup !
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(ailleurs de l')étincelle : dx ou math : rêve de (dx,je)
En écrivant ces lignes, s’est imposée la pensée d’une situation toute analogue provenant de mon expérience de mathématicien. Quand une situation mathématique a été fouillée de fond en comble et éclairée par des biais divers, il en naît un sentiment de compréhension qui équivaut à une connaissance véritable. Elle emporte alors une adhésion plus ou moins totale, et peut être investie par une “foi” plus ou moins agissante. Cette foi ne concerne pas seulement la validité de la vision à laquelle on est parvenu (si celle-ci n’est pas établie encore par une démonstration), mais souvent aussi et surtout, la portée de ce qui a été amené au jour et compris de façon plus ou moins complète. Dans une telle situation, les confirmations ultérieures, que ce soit par des démonstrations qui établissent la validité de la vision, ou par des conséquences et prolongements prévus ou imprévus, ou par des recoupements avec d’autres situations déjà plus ou moins bien connues par ailleurs, sont tout autant ressenties comme “choses allant de soi”. L’intime connaissance de la validité (dans ses traits essentiels) et de la portée d’une compréhension, ou d’une vision, de son adéquation parfaite à la nature même des choses, n’est pas question d’expérience “après coup” venant confirmer quelque “sentiment” hypothétique, mais elle précède toute expérience. Celle-ci fait figure un peu de l’“intendance”, qui finit toujours par suivre cahin-caha. Mais l’étincelle de la connaissance est ailleurs...
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Eros~maths : pulsion de découverte (vs pulsion de connaissance)
C’est en 1977, l’année qui a suivi l’entrée de la méditation dans ma vie et la “renaissance” dont j’ai parlé précédemment, que j’ai découvert avec surprise, mais sans y attacher d’abord une importance particulière, que la pulsion de connaissance dans mon travail de mathématicien était de la même nature que la pulsion amoureuse. Les paroles et les images qui me venaient spontanément, voulant évoquer la pulsion de découverte dans son essence, étaient paroles et images de l’amour charnel que me soufflait Eros.
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métamorphose II :“vieil homme”, réjuvénation, je/patron/l'autre. (advenir à ) soi
Les dix années qui se sont écoulées depuis lors m’apparaissent maintenant, surtout, comme une suite de périodes d’apprentissage, se concrétisant par le franchissement de “seuils” successifs dans mon itinéraire spirituel. C’étaient des périodes de recueillement et d’écoute intense, où je faisais connaissance avec moi-même, tant avec “le Patron”, qu’avec “l’Autre”. Car mûrir spirituellement, ce n’est ni plus, ni moins, que faire et refaire connaissance de soi-même ; c’est progresser peu ou prou dans cette connaissance sans fin. C’est apprendre, et avant tout : s’apprendre soi-même. Et c’est aussi : se renouveler, c’est mourir tant soit peu, se séparer d’un poids mort, d’une inertie, d’un morceau du “vieil homme” en nous - et renaître !
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Dieu, j’en suis persuadé (et même quand Il “fait des maths”), ne raisonne jamais mais toujours voit (y compris les relations que nous appelons des raisons”, et que nous enchaînons en des “raisonnements”).
*continuité : nouvelle mathéma.tique : je/Reve(ur)/maths
Cette comparaison avec la table de multiplication m’est inspirée, entre autres, par un de mes rêves du mois d’octobre dernier. Dans d’autres rêves, le travail mathématique sert de parabole cocasse pour la recherche (au niveau de la connaissance spirituelle) dans laquelle je suis engagé à présent, et qui, par ses dimensions, son esprit “fondements”, et son caractère visionnaire, s’apparente à mon travail mathématique de naguère. Dans le langage du Rêveur, l’œuvre nouvelle dans laquelle je suis engagé à présent, est vue (non sans humour !) comme la “nouvelle Mathématique”
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dx : polymorphe :: hyde polymorphe
L’apparition du bon Dieu dans ce rêve n’avait rien pour m’étonner. Dans ce même rêve, il intervient sous deux autres visages encore - celui du caporal chargé de m’instruire (et dont les procédés ne sont pas de mon goût...), et celui du ministre de la guerre (sic !), auquel je songe à me plaindre au sujet de l’attitude inqualifiable de son subordonné. Ce rêve est du mois de janvier dernier. De fin décembre jusque vers la fin mars, Dieu est apparu dans mes rêves pratiquement chaque nuit ne serait-ce qu’une fois ou deux, sous une multitude de visages.
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dx comme intentio (avant) vs dx ici (maintenant)
Et tout au long de cette très longue histoire qui remonte à l’origine des temps, on voit se profiler une Intention, un Dessein, qui reste mystérieux pour l’intelligence humaine, mais dont la présence est tout aussi irrécusable que dans une entreprise humaine (où la présence d’une intention est perçue, alors même que sa nature exacte souvent nous échappe). Ces choses-là, que la raison à elle seule peut pleinement saisir, et qui s’imposent à elle avec la force de l’évidence, étaient alors pleinement comprises par moi. Elles le sont restées ma vie durant, sans qu’à aucun moment ne s’y mêle la moindre réserve, le moindre doute. Leur caractère d’évidence n’est pas moindre que celui des propositions mathématiques les mieux comprises et les mieux établies.
(non)présence dv (avant)
Rien dans mon expérience directe ne me conduisait à penser que le Créateur,une fois mis en marche l’immense Manège de la Création, continuait encore à s’occuper de ce qui s’y passe et à y participer si peu que ce soit. Je ne voyais aucun lien direct entre ma vie telle qu’elle s’écoulait au jour le jour, ou celle des gens que je connaissais, et une volonté divine ou des desseins divins - je ne percevais aucun signe d’une intervention de Dieu dans le présent.
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monde des hommes : monde immonde : antikosmos
À vrai dire, dès avant cette période ma juvénile curiosité s’était déjà détournée du monde des hommes, si inquiétant à force d’être décevant et de se soustraire (semblait-il) à toute compréhension raisonnée, pour se tourner vers la connaissance exacte des sciences, où du moins j’avais l’impression de marcher sur un terrain solide, et qui faisait (me semblait-il encore...) l’accord des esprits...
L'enfer de l'autre : dx = antiautre
Ma relation à l’humanité dans son ensemble devenait pour moi de plus en plus problématique, car je me sentais spirituellement absolument seul de mon espèce, et n’arrivais à me reconnaître dans aucun groupe humain, ni dans aucun autre être. (Voir à ce sujet le début de la réflexion dans la note “Expérience mystique et connaissance de soi - ou la gangue et l’or”, no 9.). C’était là la source d’un malaise croissant, qui a disparu totalement par la rencontre avec Dieu.
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Hyde profond : dx
Je n’entends pas dire que le fait de me lancer dans la recherche mathématique était nécessairement un empêchement pour une maturation spirituelle. Mais le fait est que mon investissement démesuré dans la mathématique a bel et bien été ma façon d’éluder les questions d’un tout autre ordre qui m’interpellaient. Elles étaient ressenties comme une sourde menace par le fait même que ma vision du monde ne me permettait pas d’y répondre de façon appropriée, ni même de les entendre - elles menaçaient l’existence même de mon univers mental parfaitement serein, harmonieux, bien ordonné. À vrai dire, je faisais comme toute ma vie (et jusqu’à aujourd’hui même encore...) j’avais vu faire tout autour de moi. L’idée d’une autre relation au monde qu’une telle relation de fermeture inquiète, ne pouvait me venir d’un exemple extérieur à moi. Il a fallu que j’en fasse moi-même l’expérience, en 1974 et surtout à partir du grand renouveau de 1976, pour en arriver à une autre relation au monde et à l’image que je m’en fais. La stimulation essentielle n’est pas venue de l’extérieur, mais uniquement des forces créatrices des couches les plus profondes de la psyché. C’est dire aussi (je ne peux plus avoir de doute à ce sujet) que l’initiative est venue de Dieu.