Wuwei pur et dur !:
Was nichtet, lichtet sich als das Nichthafte. Dieses kann im “Nein” angesprochen werden. Das “Nicht” entspringt keinesfalls aus dem Nein-sagen der Negation. Jedes “Nein”, das sich nicht als eigenwilliges Pochen auf die Setzungskraft der Subjektivität mißdeutet, sondern ein sein-lassendes der Ek-sistenz bleibt, antwortet auf den Anspruch des gelichteten Nichtens. Alles Nein ist nur die Bejahung des Nicht.
(Beiträge)
Nichten/lichten < Wuwei.
Setzungskraft der Subjektivität, “Nein” sein-lassendes der Ek-sistenz,
Ek-sistenz // da-sein
Da = ἀλήθεια = Lichtung des Sichverbergens
*
Ereignis/Verhaltenheit (yin): wuwei. Propre:
至人之用心若鏡, L'homme accompli utilise son esprit comme un miroir,
不將不迎, Il ne rejette rien et ne salue rien,
應而不藏, Il répond et ne cache rien.
故能勝物而不傷。 Ainsi est-il capable de dominer les choses sans se blesser.
*
C'est l'approfondissement de la question qui porte sur le rapport de l'être et du temps qui amènera plus tard Heidegger à critiquer sous le nom de constitution onto-théo-logique de la métaphysique» le mode de pensée qui consiste à rendre compte de l'étant en le rapportant à un fondement lui-même étant dont la figure suprême est celle du Dieu philosophique défini comme causa sui. Ce qui constitue le trait le plus fondamental de la pensée heideggérienne, c'est précisément la mise en évidence du caractère “verbal” ou “processuel” de l'être, qui le conduira finalement à “barrer” le nom même d'être et à lui préférer comme terme directeur de sa pensée celui d'Ereignis. Par ce terme, dont le sens courant est celui d'« événement », mais auquel on peut aussi donner la signification d'advenue au propre (eigen), Heidegger veut penser la “coappartenance” rigoureusement indéchirable de l'homme et de l'être et mener à son terme la critique de l'opposition traditionnelle de l'être et du devenir sur laquelle se fondent non seulement la métaphysique elle-même, mais également toutes les tentatives modernes qui visent à son «renversement».
De la pensée qui n'est plus métaphysique, Heidegger dit qu'elle est moindre que la philosophie, plus “pauvre” que celle-ci, précisément parce qu'elle ne se tient plus à la hauteur d'une pensée de la fondation et que, loin de pouvoir rendre compte d'elle-même, elle est, dans sa finitude et son essence provisoire, tout entière au service de ce à quoi elle répond, à savoir l'événement même de l'être. Ce à quoi une telle pensée donne congé, c'est en effet à la structure onto-théo-logique du discours métaphysique de la fondation, au profit de ce que Heidegger nomme, dans son dernier séminaire, une «phénoménologie de l'inapparent». On ne peut guère s'autoriser de cette expression pour arguer, comme on l'a fait déjà bien des fois, d'une dérive vers la poétique ou la mystique de la pensée heideggérienne. Car cet “inapparent” ne renvoie à aucun “arrière-monde”, mais seulement à cette inapparence qui réside en tout apparaître, à cet “être” de l'étant que la “philosophie” au sens traditionnel de ce terme n'est parvenu à penser que sous la figure “étante” du fondement. C'est dire que ce que Heidegger nomme “fin de la philosophie” ne signifie nullement son anéantissement, mais ouvre au contraire la possibilité d'une appropriation plus authentique de ce qui a été en question depuis le départ en elle. À la fin de la Lettre sur l'humanisme, Heidegger déclarait: «La pensée à venir ne sera plus philosophie, parce qu'elle pensera plus originellement que la métaphysique, mot qui désigne la même chose ». C'est de cette pensée plus originelle, telle que Heidegger n'a cessé d'en préparer la venue depuis les années trente, dont il est question dans ce qui va suivre.
(Dastur, Heidegger et la pensée à venir, avant propos.)
*
Il est assez stupéfiant que Dastur ne cite zhuangzi nul part... Alors qu'elle rappelle (p23) que le texte est connu de H dès 1930... Et développe, p24 (LA PENSÉE À VENIR: UNE PHÉNOMÉNOLOGIE DE L'INAPPARENT ?) :
"...avec de nombreux étudiants japonais, et en particulier à la fin des années vingt, avec un célèbre philosophe japonais, Kuki Shuzo. Car le point de rencontre entre la pensée orientale et celle dont Heidegger veut préparer la venue, c'est bien en effet celle de cette inapparence de l'être qui l'a conduit, dès 1939, à comprendre le néant comme le déploiement même de l'être en tant que celui-ci "ne se laisse pas comme l'étant représenter et produire objectivement" [Question 1]. Faisant référence au spectacle japonais du Nô, dans lequel c'est le vide de la scène qui permet seul l'apparition, à travers le geste de l'acteur, du paysage, l'interlocuteur japonais de Heidegger explique qu'au Japon, la conférence de 1939 a été immédiatement comprise et qu'on s'est demandé comment on avait pu en Europe prendre dans un sens nihiliste ce "Rien" dont il y est question, car, ajoute-t-il, "pour nous, le vide est le nom le plus haut pour cela que vous aimeriez pouvoir dire avec le mot être".