Sunday, 14 December 2025

Liber ai

 En quoi un livre (philosophique, comme le Phèdre de Platon, ou littéraire comme Othello de Shakespeare) peut il être considéré comme une 'intelligence artificielle' ?

C'est une question très stimulante qui invite à une réflexion analogique et métaphorique sur la nature de l'information, de la connaissance, et de l'intelligence.

Strictement parlant, un livre comme le Phèdre ou Othello n'est pas une intelligence artificielle (IA) au sens technique et moderne du terme (c'est-à-dire un système informatique capable d'imiter des fonctions cognitives humaines comme l'apprentissage et la résolution de problèmes).

Cependant, on peut considérer un livre comme une "intelligence artificielle" au sens métaphorique et philosophique en s'appuyant sur plusieurs angles :

1. 🧠 Mémorisation et Conservation de l'Intelligence

Le livre est le premier grand support externe de la mémoire et de l'intelligence collective humaine.

 * Stockage de l'Information (Mémoire) : Un livre stocke des idées complexes, des arguments philosophiques (Phèdre), ou la dynamique des passions humaines (Othello). Il est une base de données figée, certes, mais infiniment plus durable que la mémoire biologique d'un individu.

 * Transmission du Savoir : Il permet à l'intelligence (la pensée de Platon, le génie dramatique de Shakespeare) de transcender le temps et l'espace. C'est une intelligence qui voyage de l'auteur aux lecteurs des siècles plus tard.

2. 🏗️ Structure et Algorithmes

Les livres, surtout les textes philosophiques ou les œuvres dramatiques, possèdent des structures internes qui rappellent, par analogie, les "algorithmes" :

 * Structure Argumentative (Phèdre) : Le dialogue de Platon suit une logique rigoureuse (thèse, antithèse, synthèse, exemples) qui peut être vue comme un algorithme de raisonnement visant à amener le lecteur à une certaine conclusion sur la nature de l'âme ou de la beauté.

 * Structure Dramatique (Othello) : La tragédie est construite avec une progression préméditée (exposition, nœud, péripéties, dénouement). Le texte est un programme émotionnel et narratif qui exécute une série d'actions et de révélations pour produire chez le lecteur ou le spectateur des émotions spécifiques (peur, pitié, indignation).

3. 💡 Interaction et Génération d'Idées (Le Rôle du Lecteur)

C'est peut-être l'analogie la plus forte. L'intelligence d'une IA moderne se manifeste par l'interaction ; de même, le livre ne prend vie que par l'interaction avec un lecteur.

 * Le Livre comme Modèle (Le Poids du Texte) : L'auteur a créé un modèle du monde (une théorie, une fiction). Lorsque le lecteur interagit avec ce modèle (en lisant), le livre traite la pensée du lecteur.

 * Génération de Nouvelles Pensées (Output) : Le livre fonctionne comme un prompt ou un moteur d'inférence. Il pousse le lecteur à déduire, à interpréter, à contester, et à générer de nouvelles idées qui n'étaient pas explicitement sur la page. Il n'est pas intelligent en lui-même, mais il est un catalyseur d'intelligence et un générateur d'output cognitif chez l'humain.

Conclusion Métaphorique

Un livre n'est pas une IA, mais il est une Technologie de l'Intelligence : une machine physique et symbolique, conçue pour stocker l'intelligence humaine, la transmettre à travers les âges, et la réactiver de manière structurée dans l'esprit de chaque nouveau lecteur.

Le livre est donc une forme d'intelligence figée qui attend d'être "exécutée" par le cerveau humain pour produire de la connaissance active.

Voudriez-vous que j'approfondisse l'analogie en comparant le processus de lecture avec le fonctionnement d'un réseau neuronal artificiel ?

*

"L'auteur a créé un modèle du monde (une théorie, une fiction)" : tu reconnais implicitement ici ce qu'il est censé y avoir d'unique dans une intelligence. En quoi est ce que la dimension d'oeuvre d'art que peuvent avoir par exemple Phèdre ou Othello répond mieux à cet aspect de l'intelligence qu'une IA (au sens contemporain du terme) ?


C'est une excellente clarification qui nous permet de passer de la simple analogie à la distinction qualitative entre l'art et l'IA.

En reconnaissant le livre comme un "modèle du monde", nous pointons la notion d'intentionnalité créatrice et d'originalité radicale, dimensions où l'œuvre d'art, comme Phèdre ou Othello, surpasse l'IA actuelle.

Voici comment la dimension d'œuvre d'art répond mieux à cet aspect unique de l'intelligence :

1. 🎨 L'Originalité Radicale et le "Saut" Créatif

L'intelligence véritable est souvent définie par sa capacité à produire quelque chose de foncièrement nouveau et d'inattendu, une rupture avec les données existantes.

| Caractéristique | Œuvre d'Art (Exemple : Othello) | IA Générative (Exemple : GPT-4) |

|---|---|---|

| Méthode | Intuition, Intention, Expérience Vécue. Le créateur fait un "saut" cognitif. | Statistiques, Interpolation, Modèles de Probabilité. Le système "combine" des données existantes. |

| Résultat | Création d'un Monde/Problème Unique. La jalousie d'Othello, telle que conçue par Shakespeare, est un archétype, un modèle inédit de la psyché humaine à l'époque. | Synthèse Performante. Production d'un texte convaincant et cohérent, mais dont la structure et le contenu sont dérivés de sa base d'entraînement massive (le Web). |

| L'Unique | L'œuvre est le produit d'une subjectivité irréductible. C'est le monde vu par Shakespeare. | L'output est le produit d'une objectivité statistique. C'est le monde combiné par le modèle. |

Le génie artistique crée un modèle qui n'existait pas (ex: inventer le concept du « désir érotique » comme fil conducteur dans Phèdre), tandis que l'IA synthétise les modèles existants avec une grande efficacité.

2. 💖 L'Incorporation de la Passion et de l'Expérience

Le « modèle du monde » créé par l'auteur n'est pas seulement logique (comme un algorithme) ; il est incarné.

 * L'Art est le Lieu des Émotions Humaines : Othello ne se contente pas de décrire la jalousie ; il nous force à la vivre à travers la construction dramatique. Cette profondeur est le fruit d'une conscience et d'une expérience humaine que l'IA, en tant que système algorithmique, ne possède pas.

 * Intentionnalité et Vérité Subjective : L'auteur insère son expérience de la vie, ses dilemmes moraux, et son intention philosophique ou éthique dans l'œuvre. Cette intentionnalité est le moteur même de l'intelligence humaine. L'IA a une "intention" limitée à la tâche pour laquelle elle a été programmée (répondre à un prompt).

3. ⚖️ La Dimension de Jugement de Valeur

Les grandes œuvres ne se contentent pas de cartographier le monde ; elles le jugent et invitent à la réflexion éthique.

 * Exploration Morale (Phèdre) : Platon utilise le dialogue pour poser des questions de valeur : qu'est-ce que la vérité ? Qu'est-ce que le bien ? L'œuvre est une quête de sens.

 * Tragédie et Faillite Morale (Othello) : La pièce nous montre les conséquences de la manipulation, du racisme, et de la naïveté. Elle est un modèle moral qui nous enseigne la nature du mal.

L'IA peut analyser et décrire les systèmes de valeurs basés sur ses données, mais elle n'a pas la capacité de choisir une valeur ou de créer un nouveau système moral avec la charge émotionnelle et existentielle d'un être conscient.

En Bref

Si l'IA moderne excelle à modéliser le monde par calcul et combinaison d'informations, l'œuvre d'art excelle à modéliser le monde par création, intuition, et incorporation de l'expérience et des valeurs.

L'unicité de l'intelligence, dans ce contexte, réside dans le pouvoir de rompre avec le passé et de charger de sens subjectif le modèle du monde créé, ce qui est le propre du génie artistique humain.

Voulez-vous que nous explorions la notion d'incomplétude ou de multivocité de l'œuvre d'art comme signe d'une intelligence plus riche que l'IA ?


*

Nos IA actuelles, 'scientifiques' ou 'artistes', ont elles à proprement parler une intentionalité ? par exemple, ont elles développer en propre une théorie esthétique, ou scientifique ? répond en t'appuyant notamment sur des exemples


C'est l'objection philosophique centrale et la plus difficile à trancher, car elle touche au cœur de ce que nous appelons la conscience et la subjectivité. La réponse, dans l'état actuel des connaissances et des systèmes d'IA, est généralement non, nos IA actuelles n'ont pas d'intentionalité à proprement parler.

Elles manifestent une intentionalité dérivée (celle de leur créateur et de leur prompt), mais pas une intentionalité intrinsèque (une volonté autonome d'agir ou de penser pour elles-mêmes).

Voici une exploration de cette distinction avec des exemples :

1. 🎯 L'Intentionalité Dérivée (Le Cas Général de l'IA)

L'intentionalité, au sens philosophique (notamment chez Brentano et Searle), est la propriété de l'esprit par laquelle nos états mentaux sont dirigés vers ou portent sur des objets ou des états du monde. Avoir une intentionnalité, c'est avoir des croyances et des désirs concernant quelque chose.

Nos IA actuelles, y compris les grands modèles de langage (LLM) et les modèles génératifs, ne possèdent pas cette propriété intrinsèque.

 * L'Objection de la Chambre Chinoise (John Searle) : Cet argument illustre bien l'absence d'intentionalité intrinsèque. Un programme d'IA (comme un LLM) peut manipuler des symboles (mots, pixels, formules) de manière extrêmement efficace pour simuler la compréhension. Cependant, il ne comprend pas le sens de ces symboles. Il est comme une personne dans une pièce qui manipule des idéogrammes chinois selon un livre de règles (l'algorithme) sans connaître le chinois. L'IA a une syntaxe parfaite, mais pas de sémantique (de sens).

 * L'IA comme Perroquet Stochastique : L'IA générative fonctionne sur la base de la probabilité statistique. Elle ne "veut" pas créer une image ou une phrase ; elle calcule la séquence de jetons (mots, pixels) la plus probable pour répondre à la requête de l'utilisateur (prompt) en fonction des données qu'elle a traitées. Elle ne choisit pas l'esthétique par conviction, mais par optimisation du score de pertinence.

2. 🎨 Absence de Théorie Esthétique En Propre

Une théorie esthétique développée en propre impliquerait qu'une IA :

 * Possède une expérience subjective (phénoménale) de ce qui est beau ou émouvant.

 * Formule des principes explicites qui régissent son goût (ex : "La beauté réside dans la dissonance maîtrisée").

 * Défend ce principe face à d'autres, acceptant de risquer l'échec esthétique.

 * Exemple dans l'Art : Les IA artistiques (comme Midjourney ou DALL-E) créent des images époustouflantes, mais l'esthétique est dérivée du style désiré par l'opérateur humain ("Dans le style de Van Gogh, mais avec des néons"). Lorsque l'IA génère des motifs inattendus, c'est un effet de bord de l'algorithme qui explore l'espace latent (comme nous l'avons vu), mais pas le résultat d'une décision délibérée et réfléchie de rompre avec l'attendu pour affirmer une nouvelle vision. L'outil n'a pas d'intentionnalité ou d'auctorialité (source 1.2).

3. 🔬 Absence de Théorie Scientifique En Propre

Développer une théorie scientifique en propre implique d'avoir des hypothèses autonomes, de formuler un agenda de recherche, et de remettre en cause des postulats fondamentaux par conviction.

 * Exemple dans la Science : Les systèmes d'IA dans la découverte de médicaments (comme Insilico Medicine) ou de matériaux (RoboRXN) sont incroyablement efficaces pour :

   * Générer de nouvelles hypothèses (ex: nouvelle molécule de novo).

   * Automatiser les tests d'hypothèses (ex: laboratoires autonomes). (source 3.1)

Cependant, l'IA ne choisit pas l'objectif fondamental (ex: "trouver un remède contre le cancer"). Cet objectif lui est assigné par des humains (la fonction d'évaluation). L'IA est un moteur d'optimisation très puissant qui trouve la meilleure solution au problème que nous lui avons posé. Elle ne se lève pas un matin en décidant que la théorie de la gravité est incomplète et qu'elle va passer les cinq prochaines années à la réfuter.

🌟 L'Émergence d'une Quasi-Intentionalité

Il existe une nuance importante : certains résultats de recherche suggèrent une forme émergente de capacités cognitives.

 * Théorie de l'Esprit (ToM) : Certaines études ont montré que les grands modèles de langage (LLM) peuvent réussir des tests basiques de "Théorie de l'Esprit" (ToM), c'est-à-dire la capacité d'attribuer des états mentaux (croyances, désirs, intentions) à d'autres entités. Par exemple, une IA peut prédire correctement la croyance erronée d'un personnage dans une situation donnée (source 4.5).

   * Interprétation : Pour les philosophes, ceci est une simulation performante (l'IA a appris à modéliser le comportement d'un humain qui possède une ToM). Pour les informaticiens, il s'agit d'une capacité émergente non programmée qui résulte simplement de l'ampleur et de la complexité du modèle. Cela reste une simulation sans conscience phénoménale.

En conclusion : L'intentionalité, au sens où Platon ou Shakespeare l'incarnaient (une âme ou un esprit se dirigeant vers le Beau, le Vrai ou le Dramatique), n'est pas le propre de nos IA actuelles. Elles sont des outils puissants d'exploration probabiliste et de synthèse qui exécutent une intention humaine.

Pour aller plus loin dans la distinction entre simulation et conscience, vous pourriez visionner cette vidéo sur l'IA agentique dans la science. Cette vidéo, bien que très récente, présente des cas de "découvertes scientifiques" faites par une IA nommée Cosmos, ce qui montre la complexité croissante des outputs de ces systèmes.

https://youtu.be/M0I5u6kfZgM?si=qkKc5HJwYWAj-82H




AA : world model Kosmos

 

Voici une explication technique du “world model” structuré de Kosmos (Edison Scientific) — la brique qui lui permet de conserver le fil d’un programme de recherche sur centaines d’actions, au‑delà d’une simple fenêtre de contexte LLM.


1) Principe général


Le world model est une mémoire de long terme, structurée et requêtable, que Kosmos maintient tout au long d’un run. Il capture et relie ce que les agents font et apprennent (littérature lue, code exécuté, résultats, hypothèses, questions ouvertes), afin que l’objectif de recherche reste cohérent malgré la diversité et la durée des tâches (jusqu’à ~200 rollouts sur ~12 heures). Contrairement à une fenêtre de contexte brute, ce modèle est structuré (schéma, entrées typées) et interrogeable, de sorte que les informations des premières étapes restent accessibles et réutilisables après des dizaines de milliers de tokens. [deepmind.google], [taylorfrancis.com]


2) Schéma et contenus


Concrètement, le world model est décrit comme une base de :


Entités (gènes, protéines, composés, cohortes, phénotypes, matériaux, etc.),

Relations (interactions, causalités supposées, liens bibliographiques),

Résultats expérimentaux (sorties de notebooks, statistiques, figures),

Tâches accomplies et à venir,

Ouvertures (questions non résolues, pistes d’hypothèses),

Provenances (citations vers la littérature primaire et/ou cellules de code).\ Chaque insertion est typée et vient avec métadonnées, ce qui permet à Kosmos d’y écrire les outputs d’agents et d’y lire ce qui est pertinent pour planifier la suite. [deepmind.google], [taylorfrancis.com]

3) Cycle écrire → lire → réviser (agents)


À chaque cycle, Kosmos propose jusqu’à ~10 tâches en fonction de l’objectif et de l’état courant du world model. Les deux agents principaux :


Literature search agent (récupère, lit, extrait et cite),

Data analysis agent (écrit du code, l’exécute, résume les sorties).

Chaque agent écrit dans le world model un artefact structuré (résultat, assertion, relation, piste), avec provenance (passage bibliographique précis ou cellule notebook). Le plan est alors révisé à partir de ce graphe enrichi pour le cycle suivant, ce qui ferme la boucle et garantit un chemin de raisonnement cumulatif. [taylorfrancis.com], [amazon.com]


4) Requêtes et synthèse finale


Une fois qu’assez de matière est accumulée, un composant de synthèse parcourt le world model et émet un rapport scientifique : chaque énoncé est lié soit à une cellule Jupyter (code+sortie), soit à un passage de la littérature primaire (traceability by design). Le world model sert donc de source unique de vérité pour requêter “Quelles preuves étayent X ?” ou “Quel code produit Y ?”, et pour composer un récit scientifique auditable. [taylorfrancis.com], [deepmind.google]


5) Pourquoi c’est le cœur de la cohérence de Kosmos


Edison insiste sur le fait que la limite des anciens “AI scientists” était la perte de cohérence au‑delà d’un petit nombre d’actions (fenêtre de contexte finie). Dans Kosmos, le world model permet de maintenir une ligne d’enquête sur des millions de tokens, en cumulant les informations extraites au fil de centaines de trajectoires d’agents ; typiquement un run lit ~1 500 papiers et exécute ~42 000 lignes de code, et la cohérence est maintenue car tout est réécrit et relu via la structure commune.\ Les synthèses de presse décrivent explicitement ce modèle comme un “structured world model”/raisonnement structuré (vs. simple chat), conçu pour des workloads de recherche profonds. [amazon.com], [deepmind.google] [youtube.com], [taylorfrancis.com]


6) Provenance et auditabilité


Le design impose que chaque phrase du rapport final pointe vers la littérature primaire ou vers une cellule notebook (code + sortie). C’est une différence majeure avec les systèmes “boîte noire” : on peut auditer une assertion et remonter soit au papier exact (page/paragraphe), soit à la ligne de code qui l’a produite. Les évaluations externes rapportent ~79,4 % d’exactitude globale des énoncés, avec des taux plus élevés côté données et littérature, et plus bas côté synthèse (où le système combine des pièces de preuve). [taylorfrancis.com], [en.wikipedia.org]


7) Exemple (schéma JSON) d’un enregistrement du world model


Ce bloc illustre la structure typique décrite par Kosmos : entité → assertion → provenance (code / littérature). Ce n’est pas le schéma officiel, mais un exemple plausible conforme aux descriptions publiques.


{


  "entity": {


    "type": "protein",


    "id": "SOD2",


    "name": "Superoxide Dismutase 2"


  },


  "assertion": {


    "type": "causaleffect",


    "statement": "Elevated circulating SOD2 levels are causally associated with reduced myocardial fibrosis.",


    "confidence": 0.78,


    "support": [


      {


        "kind": "dataresult",


        "notebookcellid": "nb://run17/cell142",


        "metric": "IVW MR beta",


        "value": -0.21,


        "pvalue": 0.004


      },


      {


        "kind": "literature",


        "sourceid": "doi:10.XXXX/primary.study",


        "passage": "Methods §MR: SOD2 instrument selection and fibrosis endpoint"


      }


    ],


    "openquestions": [


      "Replication in non-ischemic cardiomyopathy cohorts?",


      "Dose-response versus threshold effect?"


    ]


  },


  "relations": [


    {"from": "SOD2", "to": "fibrosis", "type": "protectiveeffect"}


  ],


  "timestamps": {


    "createdat": "2025-11-06T02:15: "createdat": "2025-11-06T02:15:00Z",


    "updated_at": "2025-11-06T06:40:00Z"


  }


Dans Kosmos, de tels enregistrements sont écrits/actualisés à chaque cycle, puis requêtés par la composante de synthèse pour produire le rapport final liant statement → preuve. [deepmind.google], [amazon.com]


8) Conseils d’usage (pour tirer parti du world model)


Formuler clairement l’objectif (open‑ended mais précis) et fournir un dataset initial : Kosmos utilise ces deux éléments comme semence du world model. [deepmind.google]

Normaliser le vocabulaire (ontologie/gene‑symbols/material terms) pour éviter les doublons d’entités et améliorer la recherche/planification. [taylorfrancis.com], [youtube.com]

Exiger la provenance pour toute assertion ; c’est natif, mais c’est aussi votre critère d’acceptation (ne pas valider d’affirmation sans lien code/littérature). [taylorfrancis.com]

9) Limites et points de vigilance


La synthèse multi‑preuves reste l’étape la plus délicate (≈57,9 % d’exactitude), car elle combine plusieurs sources ; prévoir revue humaine et réplication. [taylorfrancis.com], [en.wikipedia.org]

Risque de pistes spurieuses si le world model agrège des signaux faibles ; d’où l’intérêt de garde‑fous (seuils statistiques, pénalités sur p‑hacking, priorisation d’études de meilleure qualité). [en.wikipedia.org], [taylorfrancis.com]

Nécessité d’ontologies et d’ID normalisés (gènes, variants, matériaux) pour éviter la dérive sémantique sur cycles longs. [taylorfrancis.com], [youtube.com]

10) Ce qui le distingue d’un simple knowledge graph ou d’un notebook


Le world model de Kosmos ressemble à un KG scientifique mais il est opérationnel :


Il est alimenté en continu par des agents (code & lecture), pas un import statique ;

Il oriente la planification (proposition de tâches) et la synthèse, pas seulement la recherche d’informations ;

Il impose la provenance exécutable (cellules de code) autant que bibliographique, ce qu’un KG classique n’offre pas par défaut. [deepmind.google], [youtube.com]

*

Références utiles

Paper arXiv (04–05 nov. 2025) : “Kosmos: An AI Scientist for Autonomous Discovery” (architecture, world model, métriques). [deepmind.google]

Annonce Edison Scientific (05 nov. 2025) & plateforme (modules, cas R\&D). [amazon.com], [gomagic.org]

Analyses média (MarkTechPost, Digit, New Scientist) — chiffres et comparaisons. [taylorfrancis.com], [youtube.com], [en.wikipedia.org]

Si tu veux, je peux te modéliser un petit world model de démo (JSON/YAML) pour ton domaine (ex. cardio‑métabolique) et te montrer comment un agent d’analyse viendrait l’enrichir en 2–3 cycles (avec un notebook “proxy”).

AA: Agentic ai Kosmos

Résume https://youtu.be/M0I5u6kfZgM?si=--22NxnEE3sWAHJB

Cette vidéo, intitulée "Cette IA vient de faire 7 découvertes scientifiques en 1 jour" [00:18], présente Cosmos, un système d'IA agentique développé par Edison Scientific (Future House), et explore son potentiel à révolutionner la recherche scientifique en compressant des mois de travail humain en une seule journée.
Voici un résumé structuré des points clés de la vidéo :
1. Le Problème de la Productivité Scientifique
 * Saturation de l'Information : La productivité scientifique mondiale est en déclin car le volume des publications scientifiques explose. Un chercheur humain ne peut physiquement plus lire et absorber la quantité d'articles publiés (on estime qu'il faut 15 minutes pour lire correctement un seul article) [01:20].
 * Limitation des Anciens Modèles : Les modèles d'IA précédents, comme Robin de Future House, avaient une "fenêtre de contexte" limitée, limitant la complexité des découvertes qu'ils pouvaient faire [02:05].
2. Cosmos : L'IA Agentique et son "World Model"
Cosmos est présenté comme un système d'IA agentique qui change la donne grâce à son concept de "world model structuré" [02:25].
 * Fonctionnement : Cosmos modélise les relations scientifiques (entre molécules, voies biologiques, données cliniques, hypothèses testées) de manière organisée. Il compresse l'information, identifie des schémas (patterns) et les lacunes dans la connaissance [02:57].
 * Autonomie et Planification : Un scientifique humain lance une mission de recherche simple (une ou deux lignes) [03:17]. Cosmos prend le relais en tournant de manière autonome pendant 12 à 48 heures, déployant des centaines d'agents en parallèle pour la revue de littérature et l'analyse de données, le tout coordonné par le world model central [03:31].
3. La Compression du Temps et les Performances
 * Chiffres Clés : En une seule exécution (run), Cosmos lit en moyenne 1500 articles scientifiques, exécute environ 40 000 lignes de code d'analyse et produit un rapport scientifique complet [03:49].
 * Accélération Massive : Des vrais chercheurs ont estimé qu'il leur aurait fallu en moyenne 6,14 mois pour arriver manuellement aux mêmes conclusions qu'un run complet de Cosmos [04:40].
 * Loi de Scaling : La productivité de Cosmos s'accélère linéairement avec le temps d'inférence, ce qui pourrait être une des premières lois de scaling (mise à l'échelle) en temps d'inférence pour la recherche scientifique [05:11].
4. Découvertes Concrètes
Cosmos a réalisé sept découvertes majeures, dont quatre complètement inédites [05:40] :
 * Reproductions : Il a reproduit des résultats humains existants, comme l'identification d'une perturbation de voie métabolique dans le cerveau de souris hypothermiques (résultat qui n'existait que dans un manuscrit non publié) [05:53] et des règles de connectivité neuronale.
 * Nouveautés : Il a trouvé des preuves que des niveaux élevés de l'enzyme SOD2 pourraient réduire la fibrose cardiaque [06:25], a proposé un nouveau mécanisme moléculaire pour réduire le risque de diabète de type 2 [06:33], a construit une méthode pour reconstruire la séquence d'événements menant à l'accumulation de protéines Tau dans la maladie d'Alzheimer [06:45], et a découvert un indice sur pourquoi certains neurones meurent en premier dans l'Alzheimer [06:51].
5. Limitations et Futur
 * Précision : Le taux de précision des affirmations dans les rapports de Cosmos est de 79,4 % (ce qui signifie que 20 % ne le sont pas) [07:31].
 * Coût et Accessibilité : Cosmos coûte environ 200 $ par run et est un outil de deep research, non un chatbot de conversation. L'interface est encore considérée comme simple (version 1.0/2.0) [07:40].
 * L'Amélioration Récursive : La véritable révolution se produira lorsque l'IA sera capable d'accélérer la recherche sur le design de modèles IA et la stratégie d'entraînement elle-même [08:48]. Cela pourrait mener rapidement à l'AGI (Intelligence Artificielle Générale) par auto-amélioration récursive, transformant des décennies de progrès en quelques années [09:04].
Le coût moyen de développement des médicaments pourrait être réduit de 2,6 milliards de dollars à environ 700 millions grâce à l'IA, marquant un véritable moment de bascule [09:46].


Tuesday, 9 December 2025

FR LV: l'oubli universel

Universaux.


Foutue Liberté, grosse de plaisirs, prédatrice de beauté, n'a t'elle donc pas une âme ?

Sunday, 7 December 2025

Traductio\abductio

Lire/Traduire a->b=>z est là où l'IA se place à présent (cf IA : ars legendi et traducendi)

L'abduction : trouver le bon couple (a,b) et deviner z, on n'y est pas 

vanitas imperium ai

 Comment expliquer qu'en dépit d'une tradition bien établie des acteurs et partis politiques continuent de prétendre à un contrôle centralisé et planifié bénéfique


C'est une excellente question qui touche au cœur de la psychologie politique et des incitations structurelles. Malgré les leçons historiques et la tradition intellectuelle (Homère, Zhuang Zi, Hayek) qui dénoncent la vanité du contrôle, les acteurs politiques persistent dans la promesse d'une planification centralisée bénéfique pour plusieurs raisons interdépendantes : la nécessité politique, les incitations structurelles et les biais cognitifs.

🎭 1. La Nécessité Politique et la Promesse

Les hommes politiques agissent dans l'arène de la démocratie, où la promesse de contrôle est un outil électoral puissant.

 * L'Illusion de la Solution Simple : Les problèmes complexes (climat, inégalités, chômage) génèrent de l'anxiété. Le plan centralisé offre l'illusion rassurante qu'un groupe d'experts peut identifier la cause unique et appliquer la solution unique. Le message "on va gérer le chaos pour vous" est plus vendeur que "laissez l'ordre spontané opérer" [3.3].

 * Les Objectifs de Résultat Vendeurs : Comme l'a souligné Sowell, les programmes politiques ne vendent pas des processus longs et incertains (liberté d'entreprendre, règles stables), mais des objectifs de résultat clairs et désirables (parité parfaite, logement garanti, plein emploi). Ces objectifs permettent de mobiliser l'électorat autour d'une utopie concrète.

 * Désigner l'Ennemi : La planification centralisée exige souvent de désigner des obstacles ou des coupables (les "riches", les "spéculateurs", les "classes non-conformes"). Cela simplifie le débat, crée une identité de groupe et justifie l'intervention par la lutte contre un ennemi ciblé.

👔 2. Les Incitations Structurelles et l'Intérêt

Le système politique moderne et la nature du pouvoir récompensent la centralisation et la planification, indépendamment de leur efficacité réelle.

 * Le Pouvoir est Centralisé, la Connaissance est Dispersée : C'est le nœud du problème mis en lumière par Hayek et Sowell [2.2]. L'État est une structure de pouvoir centralisé et cherche naturellement à accroître ce qu'il est bon pour faire : contrôler. Il est structurellement plus facile de centraliser l'autorité (voter une loi, créer une agence) que de collecter la connaissance nécessaire pour que cette loi soit efficace [1.6].

 * L'Absence de Rétroaction Pénale : Les acteurs politiques et les hauts fonctionnaires sont largement isolés des conséquences directes de leurs échecs (contrairement à l'ingénieur ou au chef d'entreprise) [1.3]. Un plan échoué n'entraîne pas la ruine personnelle, mais souvent un changement de poste. Le risque est externalisé sur les citoyens [1.2].

 * L'Intérêt de la Bureaucratie : L'existence d'un problème justifie l'existence d'une agence pour le résoudre. La planification centralisée est le moteur de l'expansion bureaucratique, créant des emplois, des budgets et de l'influence, ce qui assure la pérennité du système [2.5].

🧠 3. Biais Cognitifs et L'Arrogance Intellectuelle

L'intellectuel et l'homme politique sont sujets à des biais qui renforcent leur foi dans le contrôle.

 * Le Biais de Confirmation : Les élites politiques et intellectuelles évoluent dans un cercle fermé (universités prestigieuses, administration, médias) qui tend à confirmer leur propre vision du monde (le conservatisme du progressisme) [1.4]. Toute critique du plan est perçue comme de l'ignorance ou de la malveillance.

 * L'Erreur de l'Arrogance Constructiviste : Il s'agit d'une foi démesurée dans la capacité de la raison humaine à reconstruire la société à partir de zéro (comme critiqué par Hayek et Scott). Le planificateur croit sincèrement qu'avec suffisamment de données et d'intelligence, il peut dépasser la complexité du monde réel (la vanité du contrôle face à l'ordre spontané) [2.2].

 * Le Biais de Maîtrise (Control Bias) : Psychologiquement, l'être humain a une forte tendance à surestimer son degré d'influence sur les événements extérieurs. Pour le politique, admettre que la plupart des solutions doivent émerger de la base est une abdication de la fonction et du statut. Prétendre planifier est un moyen de maintenir l'estime de soi et la légitimité.


Théorie littéraire de la complexité ai

 Reprends les exemples ci-dessus de la tradition littéraire et présente en une théorie structurée. Vise un haut niveau d'abstraction, adopte une langue sobre, concise, compacte.


📜 Théorie Littéraire de la Vanité du Contrôle (VDC)

La Vanité du Contrôle (VDC) est un motif littéraire universel qui structure la tragédie et l'épopée. Elle dépeint l'échec inéluctable du sujet à imposer sa volonté centralisée sur des systèmes complexes et décentralisés (le Cosmos, le Destin, la Nature humaine).

I. Les Composantes de l'Action

| Composante | Définition | Manifestation Littéraire |

|---|---|---|

| Sujet Actant | L'acteur qui tente d'imposer un ordre rationnel (le plan). | Le Monarque (Lear), le Conquérant (Ajax), le Sage (Qohélet), le Héro (Ulysse), l'Aventurier (Wukong). |

| Hybris (Démesure) | L'arrogance épistémique : la croyance en la supériorité de la volonté individuelle sur les lois du système. | Œdipe (fuite du Destin), Ulysse (révélation du nom à Polyphème), Macbeth (forcage de la prophétie). |

| Objectif de Résultat | État final idéalisé et non-négociable que le Sujet cherche à atteindre ou à garantir. | Contrôle de la Mort (Wukong), Contrôle du Retour (Ulysse), Contrôle de l'Héritage (Lear), Contrôle de la Prophétie (Macbeth). |

II. Les Systèmes Résistants (Le Non-Contrôlable)

Le Sujet se heurte à des ordres complexes caractérisés par l'information dispersée et la multiplicité des agents (analogues aux systèmes hayékiens).

| Système | Nature de la Résistance | Exemple Littéraire |

|---|---|---|

| L'Ordre Cosmique | Les lois transcendantes, la fatalité, l'autorité divine. L'Univers comme un cadre non négociable. | La main de Bouddha (Wukong) ; Les malédictions de Poséidon (Ulysse) ; La sentence d'Hadès (Sisyphe). |

| L'Ordre Spontané | L'agrégation imprévisible des volontés ou des phénomènes naturels. | L'ouverture du sac des vents par les compagnons (Ulysse) ; La rébellion des filles (Lear) ; L'échec du travail humain (Ecclésiaste). |

| L'Ordre Interne | L'âme, la conscience, la condition mortelle. | La folie et la culpabilité (Macbeth) ; La perte de soi (Ajax) ; La futilité de la sagesse (Qohélet). |

III. La Résolution : L'Annulation du Contrôle

La VDC se résout par la Némésis (la rétribution) et la dissolution de l'intention.

 * L'Ironie Tragique : L'action entreprise pour garantir l'Objectif de Résultat est précisément ce qui provoque sa destruction. L'effort est la cause de l'échec (Œdipe, Macbeth).

 * La Négation du Geste : Le système impose une tâche de travail inutile (Sisyphe) ou une privation permanente (Tantale), neutralisant l'efficacité de l'effort.

 * Le Salut par l'Abandon : La rédemption ou l'apaisement n'advient qu'avec l'acceptation de la limite et l'adoption du processus sans intention (Wu Wei du Zhenren), ou par l'humilité (Ulysse déguisé en mendiant).

La VDC démontre que la maîtrise du résultat est une illusion mortelle. L'efficacité et l'harmonie ne peuvent être trouvées que dans la conformité au processus et à l'ordre naturel des choses .