Tuesday, 28 May 2024

FR LVII: theoenergia III: Od/A

Od V, 408-450

Od<>A

< : dx là, aidant 

> : je(u)dx soufle de vie, de mort : vibration (de l'être)








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‘ὤ μοι, ἐπεὶ δὴ γαῖαν ἀελπέα δῶκεν ἰδέσθαι

Ζεύς, καὶ δὴ τόδε λαῖτμα διατμήξας ἐπέρησα,

ἔκβασις οὔ πῃ φαίνεθ᾽ ἁλὸς πολιοῖο θύραζε:

ἔκτοσθεν μὲν γὰρ πάγοι ὀξέες, ἀμφὶ δὲ κῦμα

βέβρυχεν ῥόθιον, λισσὴ δ᾽ ἀναδέδρομε πέτρη,

ἀγχιβαθὴς δὲ θάλασσα, καὶ οὔ πως ἔστι πόδεσσι

στήμεναι ἀμφοτέροισι καὶ ἐκφυγέειν κακότητα:

μή πώς μ᾽ ἐκβαίνοντα βάλῃ λίθακι ποτὶ πέτρῃ

κῦμα μέγ᾽ ἁρπάξαν: μελέη δέ μοι ἔσσεται ὁρμή.

εἰ δέ κ᾽ ἔτι προτέρω παρανήξομαι, ἤν που ἐφεύρω

ἠιόνας τε παραπλῆγας λιμένας τε θαλάσσης,

δείδω μή μ᾽ ἐξαῦτις ἀναρπάξασα θύελλα

πόντον ἐπ᾽ ἰχθυόεντα φέρῃ βαρέα στενάχοντα,

ἠέ τί μοι καὶ κῆτος ἐπισσεύῃ μέγα δαίμων

ἐξ ἁλός, οἷά τε πολλὰ τρέφει κλυτὸς Ἀμφιτρίτη:

οἶδα γάρ, ὥς μοι ὀδώδυσται κλυτὸς ἐννοσίγαιος.’



ἧος ὁ ταῦθ᾽ ὥρμαινε κατὰ φρένα καὶ κατὰ θυμόν,

τόφρα δέ μιν μέγα κῦμα φέρε τρηχεῖαν ἐπ᾽ ἀκτήν.

ἔνθα κ᾽ ἀπὸ ῥινοὺς δρύφθη, σὺν δ᾽ ὀστέ᾽ ἀράχθη,

εἰ μὴ ἐπὶ φρεσὶ θῆκε θεά, γλαυκῶπις Ἀθήνη:

ἀμφοτέρῃσι δὲ χερσὶν ἐπεσσύμενος λάβε πέτρης,

τῆς ἔχετο στενάχων, ἧος μέγα κῦμα παρῆλθε.

καὶ τὸ μὲν ὣς ὑπάλυξε, παλιρρόθιον δέ μιν αὖτις

πλῆξεν ἐπεσσύμενον, τηλοῦ δέ μιν ἔμβαλε πόντῳ.

ὡς δ᾽ ὅτε πουλύποδος θαλάμης ἐξελκομένοιο

πρὸς κοτυληδονόφιν πυκιναὶ λάιγγες ἔχονται,

ὣς τοῦ πρὸς πέτρῃσι θρασειάων ἀπὸ χειρῶν

ῥινοὶ ἀπέδρυφθεν: τὸν δὲ μέγα κῦμα κάλυψεν.

ἔνθα κε δὴ δύστηνος ὑπὲρ μόρον ὤλετ᾽ Ὀδυσσεύς,

εἰ μὴ ἐπιφροσύνην δῶκε γλαυκῶπις Ἀθήνη.

κύματος ἐξαναδύς, τά τ᾽ ἐρεύγεται ἤπειρόνδε,

νῆχε παρέξ, ἐς γαῖαν ὁρώμενος, εἴ που ἐφεύροι

ἠιόνας τε παραπλῆγας λιμένας τε θαλάσσης.

ἀλλ᾽ ὅτε δὴ ποταμοῖο κατὰ στόμα καλλιρόοιο

ἷξε νέων, τῇ δή οἱ ἐείσατο χῶρος ἄριστος,

λεῖος πετράων, καὶ ἐπὶ σκέπας ἦν ἀνέμοιο,

ἔγνω δὲ προρέοντα καὶ εὔξατο ὃν κατὰ θυμόν:



‘κλῦθι, ἄναξ, ὅτις ἐσσί: πολύλλιστον δέ σ᾽ ἱκάνω,

φεύγων ἐκ πόντοιο Ποσειδάωνος ἐνιπάς.

αἰδοῖος μέν τ᾽ ἐστὶ καὶ ἀθανάτοισι θεοῖσιν

ἀνδρῶν ὅς τις ἵκηται ἀλώμενος, ὡς καὶ ἐγὼ νῦν

σόν τε ῥόον σά τε γούναθ᾽ ἱκάνω πολλὰ μογήσας.

ἀλλ᾽ ἐλέαιρε, ἄναξ: ἱκέτης δέ τοι εὔχομαι εἶναι.’

FR LVI: contemporain: extra-comique

It is said that when the theory of evolution was first announced it was received by the wife of the Canon of Worcester Cathedral with the remark, "Descended from the apes! My dear, we will hope it is not true. But if it is, let us pray that it may not become generally known."

https://www.youtube.com/watch?v=VNptz2CfSy8

Sunday, 28 April 2024

Nasdaq : TA

Capé par les 20k et en haut de canal, pour ND le big buy est 3k plus bas




Monday, 22 April 2024

Learning to survive II : plan B

Le plan B est de ces heuristiques négligées ... y compris et peut être spécifiquement par des ‘pros’.

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Le plan B est la sortie de secours.

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La question est simplement : au-delà de quelle limite il n'y a plus que... la chance.

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Faire fi du plan B est juste cela : jouer aux dés.

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En montagne, en France, il est probablement toujours possible d'en avoir une en dessous de 2500m : une descente de 1000m permet de gagner suffisamment en température et en habitat. Descente possible même blessé (légèrement)

Les changements de temps en montagne surprennent toujours les ultracivilisés que nous sommes, pour qui la proximité immédiate de l’abris ne se posent plus depuis longtemps.

Pourtant la plus superficielle expérience du froid devrait nous convaincre qu'en la matière nos capacités de résistance sont à peu près nul.

Le non-choix mortel : rester, s’exposer au froid, ou descendre sans connaissance de la route. A « basse » altitude (< 2500 en France), n’importe quelle direction est jouable, la probabilité d’atterrir quelque part est élevée : chemin, habitat. Plus haut, cette probabilité baisse d’autant : terrain plus difficile ou impossible.

Nos capacités d’adaptation à froid-effort-fatigue sont extraordinairement inélastiques.

On célèbre les performances sportives de quelques-uns d’entre nous sans noter qu’elles sont dérisoires, ramener à la charge d’entrainement et la ‘survivance’ statistique qu’elles constituent (avantage génétique…).

Vous êtes boxeur : voyez ce que cela donne avec un gorille.

Vous croyez savoir nager : faites un tour avec un dauphin.

Un marathonien confessait humblement avoir mis 20 ans pour passer de 15 à 18km/h…

Einstein n’a jamais pu seul maitriser les maths de la relativité générale, dont il eut tôt l’intuition, qu’il tenta de formaliser laborieusement, et qu’Hilbert régla d’un claquement de doigt.

Ce n’est pas parce qu’un écart statique est mesurable qu’il n’est pas relatif.

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https://youtu.be/I9MOpBe2MDI?si=U0_4RWvjmffQbhuc

https://www.youtube.com/watch?v=hPo33ouQWoE

Learning to survive I : le mur

Le model du faisable (doable) est un simple mur : soit sa hauteur est passable, soit elle ne l’est pas : 0/1.

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dé-passement (maintenant) : magie.

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Ce corps n’est pas à tes ordres.

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Toute progression, psychologique, intellectuelle et encore plus physique est relative et inscrite dans le temps long. Wittgenstein dit : dressage…

Saturday, 20 April 2024

FR LIV : je(u)dx : coïncidence

Je suis ce que / tel que je suis, donc je suis. conscience de soi / cce de dx : curieuse coïncidence

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jedivin : je dv : je dx : jeudx

figures du réel XXVIII : nocturnes III : récits Grothendickiens

La clef des songes, Grothendieck : génitif subjectif ou objectif ?

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métamorphose (/mutation) : by the pricking of my thumbs Hyde this way comes

Pour moi, ce fait était saisi, et accepté comme tel, un certain jour de la mi-novembre l’an dernier, il y a un peu plus de six mois. C’est venu alors sans surprise d’ailleurs, comme chose quasiment qui irait de soi, mais que je n’aurais pas pris la peine jusque-là de me dire expressément. Rien de “dingue” donc, encore, à ce moment-là. La chose est constatée comme “en passant”, en cours de méditation sur un de mes premiers rêves “mystiques”. Elle a passé presque inaperçue alors. J’étais tellement plus accroché par l’émotion si pénétrante qui imprégnait le rêve ! En comparaison, ce fait ma foi curieux, apparut alors pour la première fois dans le champ de mon attention, l’espace d’un petit quart d’heure peut-être, faisait bien pâle, bien “intellectuel” C’est au cours des semaines et des mois qui ont suivi, seulement, que la portée de ce “fait curieux”, relevé en passant, a commencé peu à peu à m’apparaître.

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“voix du bon sens” vs voix du maniaque : listening Hyde

Et pourtant, si à ce moment j’avais posé pendant quelques instants, pour me sonder à ce sujet-là, j’aurais su que dans mon travail de mathématicien tout au moins, tout ce que j’ai fait de bon et de meilleur (et surtout tout ce à quoi personne n’avait jamais songé et qui pourtant, après coup, s’avérait comme ce qui “crevait les yeux”) - c’est toujours à l’encontre de cette soidisante “voix du bon sens” que je l’ai fait, pour avoir su écouter une autre voix en moi : celle justement de ce “maniaque”, du gars “pas sérieux” sur les bords, celui qui n’en fait qu’à sa tête et pour lequel je plaidais l’indulgence…


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réalité fantastique (/spirituelle)


Et s’il y a une chose qui m’intéresse, en écrivant ce livre, ce ne sont théories ni spéculations, mais bien la réalité la plus immédiate, la plus irrécusable - telle celle, notamment, que nuit après nuit nous vivons dans nos rêves.



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Création unique des mains 'du' créateur

parole drue ou parole truculente, jamais banale, toujours pertinente, toujours instructive, et bienfaisante - une création, en un mot, sortie toute chaude des mains du Créateur ! Une chose unique, différente de toutes celles qui furent ou qui seront jamais créées, et créée là sous tes yeux et avec ton involontaire concours, sans tambour ni trompette et (semblerait-il) à ta seule intention.

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Réjuvénation hydienne :

Se détourner des autres c’était aussi, un peu, me dépouiller pour un moment de ma lourdeur coutumière, et me retrouver dans ce qu’il y a de meilleur en moi, par cette communion espiègle, cette connivence avec Celui qui me parlait par le rêve.

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foi… en moi

À vrai dire, avant aujourd’hui, je n’ai jamais songé à m’interroger sur la provenance de cette connaissance, de cette confiance totale, cette foi. Elle est de même nature, il me semble, que la connaissance que j’ai depuis toujours de la “force” en moi - de la capacité de connaître de première main, et de créer sans avoir à imiter quiconque. Les deux connaissances me semblent quasiment indistinguables.

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Hyde souriant : ce frère infiniment libre, puissant… et drôle

Sans me l’être jamais dit en clair, je sentais bien, d’emblée, que ce qu’il y avait de meilleur en moi était de la même essence que le Rêveur. Il était un peu comme un frère aînéespiègle et bienveillant, sans la moindre complaisance et en même temps d’une inlassable patience. Certes, il me dépassait infiniment par le savoir, par la pénétration du regardpar son prodigieux pouvoir d’expression et, surtout, par une liberté déconcertante, infinie. Pourtant, tout limité que je sois, enfermé de toutes parts par mes œillères, il y avait, jamais formulé, cet irrécusable sentiment de parenté. Il était confirmé par l’intérêt évident que le Rêveur prenait à ma modeste personne. Mais surtout, il me semble, ce sentiment apparaissait dans une sorte de connivence quasiment, se manifestant dans certains rêves ; dans ceux surtout qui recélaient un comique caché, souvent désopilant, derrière des apparences gravissimes, voire dramatiques ou macabres. Arriver à “entrer” dans un de mes rêves et par là-même, dans l’esprit



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divine surprise 

Pour ce qui est de l’existence du Rêveur, si j’en ai eu finalement le cœur net, ce n’est pas à la suite d’une réflexion (laquelle n’eut jamais lieu), mais par l’apparition inopinée du Rêveur en personne !


Ce signe que me faisait le Rêveur m’a fait comprendre soudain la chance vraiment dingue, la chance inouïe qui m’était offerte, depuis toujours sûrement, mais que je n’avais pas su voir et saisir pleinement jusque-là, il s’en fallait de beaucoup !

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(ailleurs de l')étincelle : dx ou math : rêve de (dx,je)

En écrivant ces lignes, s’est imposée la pensée d’une situation toute analogue provenant de mon expérience de mathématicien. Quand une situation mathématique a été fouillée de fond en comble et éclairée par des biais divers, il en naît un sentiment de compréhension qui équivaut à une connaissance véritable. Elle emporte alors une adhésion plus ou moins totale, et peut être investie par une “foi” plus ou moins agissante. Cette foi ne concerne pas seulement la validité de la vision à laquelle on est parvenu (si celle-ci n’est pas établie encore par une démonstration), mais souvent aussi et surtout, la portée de ce qui a été amené au jour et compris de façon plus ou moins complète. Dans une telle situation, les confirmations ultérieures, que ce soit par des démonstrations qui établissent la validité de la vision, ou par des conséquences et prolongements prévus ou imprévus, ou par des recoupements avec d’autres situations déjà plus ou moins bien connues par ailleurs, sont tout autant ressenties comme “choses allant de soi”. L’intime connaissance de la validité (dans ses traits essentiels) et de la portée d’une compréhension, ou d’une vision, de son adéquation parfaite à la nature même des choses, n’est pas question d’expérience “après coup” venant confirmer quelque “sentiment” hypothétique, mais elle précède toute expérience. Celle-ci fait figure un peu de l’“intendance”, qui finit toujours par suivre cahin-caha. Mais l’étincelle de la connaissance est ailleurs...

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Eros~maths : pulsion de découverte (vs pulsion de connaissance)

C’est en 1977, l’année qui a suivi l’entrée de la méditation dans ma vie et la “renaissance” dont j’ai parlé précédemment, que j’ai découvert avec surprise, mais sans y attacher d’abord une importance particulière, que la pulsion de connaissance dans mon travail de mathématicien était de la même nature que la pulsion amoureuse. Les paroles et les images qui me venaient spontanément, voulant évoquer la pulsion de découverte dans son essence, étaient paroles et images de l’amour charnel que me soufflait Eros.

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métamorphose II :“vieil homme”, réjuvénation, je/patron/l'autre. (advenir à ) soi

Les dix années qui se sont écoulées depuis lors m’apparaissent maintenant, surtout, comme une suite de périodes d’apprentissage, se concrétisant par le franchissement de “seuils” successifs dans mon itinéraire spirituel. C’étaient des périodes de recueillement et d’écoute intense, où je faisais connaissance avec moi-même, tant avec “le Patron”, qu’avec “l’Autre”. Car mûrir spirituellement, ce n’est ni plus, ni moins, que faire et refaire connaissance de soi-même ; c’est progresser peu ou prou dans cette connaissance sans fin. C’est apprendre, et avant tout : s’apprendre soi-même. Et c’est aussi : se renouveler, c’est mourir tant soit peu, se séparer d’un poids mort, d’une inertie, d’un morceau du “vieil homme” en nous - et renaître !

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Dieu, j’en suis persuadé (et même quand Il “fait des maths”), ne raisonne jamais mais toujours voit (y compris les relations que nous appelons des raisons”, et que nous enchaînons en des “raisonnements”).

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continuité : nouvelle mathéma.tique : je/Reve(ur)/maths

Cette comparaison avec la table de multiplication m’est inspirée, entre autres, par un de mes rêves du mois d’octobre dernier. Dans d’autres rêves, le travail mathématique sert de parabole cocasse pour la recherche (au niveau de la connaissance spirituelle) dans laquelle je suis engagé à présent, et qui, par ses dimensions, son esprit “fondements”, et son caractère visionnaire, s’apparente à mon travail mathématique de naguère. Dans le langage du Rêveur, l’œuvre nouvelle dans laquelle je suis engagé à présent, est vue (non sans humour !) comme la “nouvelle Mathématique”

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dx : polymorphe :: hyde polymorphe

L’apparition du bon Dieu dans ce rêve n’avait rien pour m’étonner. Dans ce même rêve, il intervient sous deux autres visages encore - celui du caporal chargé de m’instruire (et dont les procédés ne sont pas de mon goût...), et celui du ministre de la guerre (sic !), auquel je songe à me plaindre au sujet de l’attitude inqualifiable de son subordonné. Ce rêve est du mois de janvier dernier. De fin décembre jusque vers la fin mars, Dieu est apparu dans mes rêves pratiquement chaque nuit ne serait-ce qu’une fois ou deux, sous une multitude de visages.

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dx comme  intentio (avant) vs dx ici (maintenant)

Et tout au long de cette très longue histoire qui remonte à l’origine des temps, on voit se profiler une Intention, un Dessein, qui reste mystérieux pour l’intelligence humaine, mais dont la présence est tout aussi irrécusable que dans une entreprise humaine (où la présence d’une intention est perçue, alors même que sa nature exacte souvent nous échappe). Ces choses-là, que la raison à elle seule peut pleinement saisir, et qui s’imposent à elle avec la force de l’évidence, étaient alors pleinement comprises par moi. Elles le sont restées ma vie durant, sans qu’à aucun moment ne s’y mêle la moindre réserve, le moindre doute. Leur caractère d’évidence n’est pas moindre que celui des propositions mathématiques les mieux comprises et les mieux établies.

(non)présence dv (avant)

Rien dans mon expérience directe ne me conduisait à penser que le Créateur,une fois mis en marche l’immense Manège de la Création, continuait encore à s’occuper de ce qui s’y passe et à y participer si peu que ce soit. Je ne voyais aucun lien direct entre ma vie telle qu’elle s’écoulait au jour le jour, ou celle des gens que je connaissais, et une volonté divine ou des desseins divins - je ne percevais aucun signe d’une intervention de Dieu dans le présent.

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monde des hommes : monde immonde : antikosmos

À vrai dire, dès avant cette période ma juvénile curiosité s’était déjà détournée du monde des hommes, si inquiétant à force d’être décevant et de se soustraire (semblait-il) à toute compréhension raisonnée, pour se tourner vers la connaissance exacte des sciences, où du moins j’avais l’impression de marcher sur un terrain solide, et qui faisait (me semblait-il encore...) l’accord des esprits...

L'enfer de l'autre : dx  = antiautre

Ma relation à l’humanité dans son ensemble devenait pour moi de plus en plus problématique, car je me sentais spirituellement absolument seul de mon espèce, et n’arrivais à me reconnaître dans aucun groupe humain, ni dans aucun autre être. (Voir à ce sujet le début de la réflexion dans la note “Expérience mystique et connaissance de soi - ou la gangue et l’or”, no 9.). C’était là la source d’un malaise croissant, qui a disparu totalement par la rencontre avec Dieu.

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Hyde profond : dx

Je n’entends pas dire que le fait de me lancer dans la recherche mathématique était nécessairement un empêchement pour une maturation spirituelle. Mais le fait est que mon investissement démesuré dans la mathématique a bel et bien été ma façon d’éluder les questions d’un tout autre ordre qui m’interpellaient. Elles étaient ressenties comme une sourde menace par le fait même que ma vision du monde ne me permettait pas d’y répondre de façon appropriée, ni même de les entendre - elles menaçaient l’existence même de mon univers mental parfaitement serein, harmonieux, bien ordonné. À vrai dire, je faisais comme toute ma vie (et jusqu’à aujourd’hui même encore...) j’avais vu faire tout autour de moi. L’idée d’une autre relation au monde qu’une telle relation de fermeture inquiète, ne pouvait me venir d’un exemple extérieur à moi. Il a fallu que j’en fasse moi-même l’expérience, en 1974 et surtout à partir du grand renouveau de 1976, pour en arriver à une autre relation au monde et à l’image que je m’en fais. La stimulation essentielle n’est pas venue de l’extérieur, mais uniquement des forces créatrices des couches les plus profondes de la psyché. C’est dire aussi (je ne peux plus avoir de doute à ce sujet) que l’initiative est venue de Dieu.
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Un tel homme

Bien plus : je dis qu’une telle expérience du rêve (et fût-elle millénaire !) n’est ici du moindre secours ; qu’elle serait même, si tu ne prends soin de l’oublier, un leurre et une entrave, bonne pour te distraire de l’essentiel.

Ce n’est pas là l’effet d’un hasard, certes. J’ai fini par apprendre, à mon corps défendant, que la vie profonde de la psyché est inaccessible au regard conscient, si intrépide, si avide de connaître soit-il. Réduit à ses propres moyens, et même secondé par un travail de réflexion serré et opiniâtre (par ce que j’appelle le “travail de méditation”), ce regard ne pénètre guère au delà des couches les plus superficielles. A présent, je doute qu’il y ait, ou qu’il y ait eu homme au monde (fut-il Bouddha en personne) chez qui il en soit différemment - chez qui l’état et l’activité des couches profondes de la psyché soit accessible directement à la connaissance consciente. Un tel homme ne serait-il pas, quasiment, égal à Dieu ? Je n’ai eu connaissance d’aucun témoignage qui puisse faire supposer qu’une faculté aussi prodigieuse ait jamais été dévolue à une personne.

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Il n'est pas moi, (Hyde) le Bienfaiteur 

je me contentais de profiter de l’“aubaine” qu’étaient pour moi les rêves, venant providentiellement m’apporter une connaissance que j’aurais été bien en peine d’acquérir par mes propres moyens.

A part ça, je m’en tenais à la tacite interdiction de me poser des questions un peu trop générales, sur la nature du rêve disons et sur sa provenance, ou sur la nature du généreux et génial Bienfaiteur (hypothétique ?) qui me l’envoyait avec une telle profusion.


Au niveau subsconscient, et même avec l’existence du Rêveur désormais hors de question, ça restait plus ou moins comme avant ; une sorte de brume indécise, un embrouillamini confus, que je ne daignais examiner jamais. La “voix chuchotante”, elle, était claire au moins sur un point : le Rêveur n’est pas une partie de moi-même, de ma psyché - la partie “la plus créative” disons, ce que j’appelais aussi parfois “l’enfant en moi”.


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Cette voix-là est aussi la voix de ta faim - la faim de l’âme, ou sinon, la faim d’Eros, d’Eros-qui-veut-connaître. Mais même quand Il parle d’Eros (et Il en parle souvent), c’est toujours à l’âme que s’adresse le Rêveur, et à la faim de l’âme. Suivre la faim et boire, c’est aussi suivre cette voix.

C’est cette faim en toi, et l’humble voix de cette faim, mal assurée, comme honteuse d’elle-même - c’est là la “clef du grand rêve”, du rêve-messager. Il n’y en a pas d’autre. Elle tourne sans bruit, et rien ne semble se passer. Tant que tu n’as pas tourné jusqu’au bout, rien ne se passe et rien ne s’est passé - rien en tous cas qui ne puisse, dans les minutes déjà qui viennent, reglisser dans les marécages de l’oubli et disparaître.

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hebetitude consciente.  Sa clef est dans ta main

Je sais bien pourtant que les grands rêves, tout exceptionnels qu’ils soient, sont ceux qui sont de très loin les plus importants - plus importants à eux seuls que tous les autres réunis ! En écouter un seul, c’est déjà “changer d’étage”. C’est sauter d’un niveau de conscience à un niveau supérieur, quelque chose que dix ans, ni cent ans ni mille d’expérience de ta vie ne saurait, à elle seule, accomplir. Oui, vivrais-tu mille vies d’affilée, tu ne pourras, pour passer à ce nouveau stade qui t’attend, éluder cette “porte étroite” que je me suis efforcé de décrire, tu ne pourras faire l’économie de l’acte de connaissance et de foi, surgi d’une volonté spirituelle ferme et sans atermoiement. (Cet acte que j’ai été conduit, presque malgré moi, à essayer de cerner en tâtonnant.). Le seuil est là devant toi, sur le chemin de la connaissance. Que tu l’abordes dans le sillage d’un “grand rêve” (cette main tendue par Dieu !) ou de toute autre façon, il te faut passer par cette porte-là. Sa clef est dans ta main et dans celle de nul autre.