Sunday, 3 October 2021

Viral learning



Le virus dispose d’un certain nombre de ‘chemins’ de mutation, ou ‘méthodes’ (meta-odos). Inévitablement, ces méthodes sont en nombres finis, et même plus précisément sont d’un ‘certain type’ : car il n’y a pas d’algorithme universel. Donc dans sa phase d'expansion, le virus apprend très vite en mettant en œuvre sa capacité à apprendre, ce qui pour un virus signifie qu’il mute. On voit ainsi proliférer les variants. La phase de tarissement de la créativité du virus correspond à l''épuisement' de ses méthodes sur l'ensemble de son graphe d'activité (qui couvre de facto au XXIes la planète entière). Pour rebondir, il lui faudrait découvrir de nouvelles méthodes significativement à distance de celles qu’il connaît. C’est-à-dire qu’on retrouve ici le compromis exploration / exploitation dans sa version apprentissage 'profond' / apprentissage 'classique', ou encore, suivant Kuhn : révolution / paradigme : Il faudrait que le virus dispose de mutations 'révolutionnaires' pour sortir de la spécialisation dans laquelle il se trouve, dans la phase d’exploitation de ses méthodes.

Donc il faut carrément un nouveau virus, qui arrive avec des méthodes non encore connues des cibles / hôtes, ou alors une mutation ‘géniale’. Une mutation géniale est probablement hors de portée d’un ‘dispositif’ viral trop ‘simple’, il faut donc en fait un bassin d'expérimentation qui permette d’apprendre (avec le temps) : un bassin animal nouveau.

L’effet de la connectivité du monde d'aujourd'hui - induisant le graphe sur lequel évolue le virus - a donc cet effet d'accélérer les mutations d’un virus, qui mute et ... disparaît plus vite qu’au Moyen-Age : une fois épuisé son réservoir de méthodes, ses innovations sont impuissantes face à la réaction du milieu, qu’il a lui-même induite.

En revanche les réactions ‘créatives’ du milieu produisent de fait un nouveau bassin d'apprentissage pour le virus ou d’autres. C’est-à-dire que la réaction localement bénéfique du milieu risque de constituer une nouvelle ère de jeu/apprentissage pour l'ensemble des virus disponibles, à terme.




30/01/22 : "pression de sélection considérable"

Sunday, 19 September 2021

figures du réel XII : in/définis scientifiques


apeiron : in-défini

*
très défini infini mathématique

*
que serait une théorie mathématique du temps, de l'évènement ? de l'incertitude (Taleb)?

*
apprentissage de l’infini : La ‘révolution copernicienne’ est bien plutôt l’indice de l’étendu de notre méconnaissance*. La philosophie (dieu de Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche, …) est un apprentissage de l’indéfini, tout [typiquement] humain : comment une machine peut-elle l’apprendre ?

(temps, évènements scientifiques : historicité des sciences)

un siècle après Dedekind, Heisenberg, Morgan : vase logique, quantique, phylogénétique:

Cartier : sur (l'évolution de) la rigueur mathématique (après 1.10.45) 

Connes : Apeiron : qu' y a t il de définitif ds la science ? artifice / bricolage de l'outil mathématique de la réduction du paquet d'onde; la décohérence ne résout pas le problème de la réduction du paquet d'onde quantique

Eric Bapteste : network paradigm

*
Poiesis : deux styles, deux récits finis sur le monde : matL, natL


figures du réel X : apeiron

Apeiron, vu des Deux Mondes :



le silence éternel            ὃ δὲ νόσφι λιασθεὶς
de ces espaces                τῶν ἄλλων ἀπάνευθε καθέζετο κύδεϊ γαίων
infinis                             εἰσορόων Τρώων τε πόλιν καὶ νῆας Ἀχαιῶν
m'effraie                         χαλκοῦ τε στεροπήν, ὀλλύντάς τ᾽ ὀλλυμένους τε.                   
                                                             

figures du réel XI : Descola, Feyerabend



Selon Descola, la dichotomie Nature / culture est une invention occidentale.

Mais la distinction nature / culture ne cache-t-elle pas un invariant plus fondamental ?

Derrière les dichotomies difficilement expugnables de l’occident (même après tentatives ‘critiques’: déconstruction etc) : science / non science, math / poésie, rationnel / irrationnel, … ne faut-il pas chercher d’abord un principe directeur plus fondamental, qui serait un habitus, un ‘gène’ : ordre, ou hiérarchie serait son ‘phénotype’. Donc là où le non choix / valeur serait la norme des peuples éloignés, un schème d’ordonnance présiderait à toutes nos représentations et institutions.

A la place d’une classification plate, -en peigne - , une classification ordonnée, - arborescente - qui nous amène à hiérarchiser nos propres représentations parmi les plus valorisées (math / poésie).

Une ‘preuve’ à la Feyerabend de cela serait de remarquer que nous sommes capables de renverser des hiérarchies anciennes : la crise Copernicienne marque la bascule religion / science, ou la Raison change de côté.

Autrement dit, seule la notion d'ordre est invariante, pas les objets sur lesquels il porte.

La dualité nature / culture ne serait qu’un avatar de ce schème.

Et ceci n’aurait pas toujours été le cas en ‘occident’ : le polythéisme de l’Iliade semble décalé dans notre monde (oui même celui des présocratiques déjà) ou le monisme (d’abord religieux puis ‘séculier’ : la Science) domine.

Il n'est pas inintéressant de remarquer que l'arbre de l'évolution de Darwin est tout autant une classification qu'un jugement de valeur. Et d'ajouter que le changement de paradigme induit par le dépassement du graphe particulier qu'est l'arbre au profit de graphes plus généraux (réticulés), comme suggéré par Eric Bapteste, n'est pas un petit pas conceptuel.

Sunday, 12 September 2021

figures du réel IX : Genette, Borges

Un subtile montage  donnant à voir la méthode Besson® (tiré récemment de l'oubli par les bons soins de A.D.) me donne l'occasion d'introduire l'œuvre remarquable de Genette, lecteur attentif de Borges, démiurge littéraire du XXes (c'est-à-dire en même temps critique et auteur) : il n'y a pas de sottes œuvres, que de sots lecteurs.

Il n'est pas donné à tous de faire de pov'Besson une friche oubliée (son statut déjà ?),  prémisse à une entrée au Ciné-Bis en 2045 (en étant optimiste).

* *

*

Figures I, l'utopie littéraire : 

Dans l'univers résolument moniste de TIön, la critique se trouve réduite à d'étranges expédients pour entretenir sa propre nécessité. Puisqu'il n'y a pas d'auteurs, elle doit bien évidemment en inventer : « elle choisit deux œuvres dissemblables, disons le Tao Te King et les Mille et Une Nuits, les attribue à un même écrivain, puis détermine en toute probité la psychologie de cet intéressant homme de lettres ». On reconnaît ici l'écho de l'ingénieuse technique de lecture inaugurée par Pierre Ménard : celle « de l'anachronisme délibéré et des attributions erronées. Cette technique, d'une application infinie, nous invite à parcourir l'Odyssée comme si elle était postérieure à l'Enéide ... Elle peuple d'aventures les livres les plus paisibles. Attribuer l'Imitation de jésus Christ à Louis-Ferdinand Céline ou à James Joyce, n'est-ce pas renouveler suffisamment les minces conseils spirituels de cet ouvrage ? » Méthode hasardeuse, sans doute; mais n'y a-t-il pas aussi quelque risque (et à coup sûr moins de charme) à attribuer, comme nous le faisons, hélas, tous les jours, Andromaque à Jean Racine ou Du côté de chez Swann à Marcel Proust? A considérer les Fables de La Fontaine comme si elles étaient postérieures à celles de Phèdre ou d'Esope? A toujours lire Cyrano comme un précurseur de Wells et de Jules Verne, et jamais Wells ou Jules Verne comme des anticipations de Cyrano? A prendre deux œuvres aussi dissemblables que, disons les Chants de Maldoror et les Poésies, les attribuer à un même écrivain, Lautréamont par exemple, et déterminer en toute probité la psychologie de cet intéressant homme de lettres? Au fond, la critique tlönienne n'est pas le contraire de notre critique positive, elle n'en est guère que l'hyperbole. Depuis plus d'un siècle, notre pensée - et notre usage - de la littérature sont affectés par un préjugé dont l'application toujours plus subtile et plus audacieuse n'a cessé d'enrichir, mais aussi de pervertir et finalement d'appauvrir le commerce des Lettres : le postulat selon lequel une œuvre est essentiellement déterminée par son auteur, et par conséquent l'exprime. Cette redoutable évidence n'a pas seulement modifié les méthodes et jusqu'aux objets de la critique littéraire, elle retentit sur l'opération la plus délicate et la plus importante de toutes celles qui contribuent à la naissance d'un livre : la lecture. Au temps de Montaigne, lire était un dialogue sinon égal, du moins fraternel; aujourd'hui, c'est une indiscrétion savante, qui tient à la fois de la table d'écoute et de la salle de torture. Et pour un petit mystère éventé (ou éventré), que de grands messages perdus! Lorsque Borges propose à notre admiration l'exemple d'un Valéry, « d'un homme qui dépasse les traits distinctifs d'un moi et de qui nous pouvons dire, comme William Hazlitt de Shakespeare, he is nothing in himself », il nous invite évidemment à réagir contre cette insidieuse dégradation en glorifiant une pensée et une œuvre qui veulent n'être celles de personne en particulier; de même lorsqu'il invoque la figure, si différente, de Whitman, qui s'est forgé de toutes pièces, dans son œuvre et par son œuvre, désespoir des biographes, une personnalité seconde et sans rapport avec la première, ou celle d'un Quevedo, image parfaite de l'homme de lettres chez qui les Lettres ont dévoré l'homme, ou à tout le moins l'individu, au point que son œuvre ne nous apparaît plus comme une création personnelle, mais comme le résultat fortuit de quelque mystérieuse aventure bibliographique : Quevedo, « littérateur des littérateurs... moins un homme qu'une vaste et complexe littérature ». C'est que pour Borges, comme pour Valéry, l'auteur d'une œuvre ne détient et n'exerce sur elle aucun privilège, qu'elle appartient dès sa naissance (et peut-être avant) au domaine public, et ne vit que de ses relations innombrables avec les autres œuvres dans l'espace sans frontières de la lecture. Aucune œuvre n'est originale, parce que « la quantité de fables ou de métaphores dont est capable l'imagination des hommes est limitée », mais toute œuvre est universelle, parce que « ce petit nombre d'inventions peut être tout à tous, comme l'Apôtre ». L'œuvre durable « est toujours susceptible d'une ambiguïté, d'une plasticité infinies ... elle est un miroir qui fait connaître les traits du lecteur  », et cette participation du lecteur fait toute la vie de l'objet littéraire. « La littérature est chose inépuisable, pour la raison suffisante qu'un seul livre l'est. Le livre n'est pas une entité close : c'est une relation, c'est un centre d'innombrables relations. » Chaque livre renaît à chaque lecture, et l'histoire littéraire est au moins autant l'histoire des façons ou des raisons de lire, que celle des manières d'écrire ou des objets d'écriture : « Une littérature diffère d'une autre moins par le texte que par la façon dont elle est lue : s'il m'était donné de lire n'importe quelle page d'aujourd'hui - celle-ci, par exemple, - comme on la lira en l'an 2000, je connaîtrais la littérature de l'an 2000. »

Ainsi les apparentes redites de la littérature n'indiquent pas seulement une continuité, elles révèlent une lente et incessante métamorphose. Pourquoi les précurseurs de Kafka évoquent-ils tous Kafka sans se ressembler entre eux? Parce que leur seul point de convergence est dans cette œuvre à venir qui donnera rétrospectivement à leur rencontre un ordre et un sens: « Le poème Fears and Semples, de Robert Browning, annonce l'œuvre de Kafka, mais notre lecture de Kafka enrichit et gauchit sensiblement notre lecture du poème. Browning ne le lisait pas comme nous le lisons aujourd'hui... Chaque écrivain crée ses précurseurs. Son apport modifie notre conception du passé aussi bien que du futur. » Cette action en retour autorise et justifie tous les « anachronismes » chers à Borges, car si la rencontre, disons de Browning et de Kierkegaard, n'existe qu'en fonction de cette résultante ultérieure qui est l'œuvre de Kafka, il faut parcourir à l'envers le temps des historiens et l'espace des géographes: la cause est postérieure à l'effet, la « source » est en aval, puisque la source, ici, est une confluence. Dans le temps réversible de la lecture, Cervantes et Kafka nous sont tous deux contemporains, et l'influence de Kafka sur Cervantes n'est pas moindre que l'influence de Cervantes sur Kafka.

Telle est l'admirable utopie que nous propose la littérature selon Borges. Il est permis de trouver dans ce mythe plus de vérité que dans les vérités de notre « science » littéraire. La littérature est bien ce champ plastique, cet espace courbe où les rapports les plus inattendus et les rencontres les plus paradoxales sont à chaque instant possibles. Les normes à nos yeux les plus universelles de son existence et de son usage - comme l'ordre de succession chronologique et le lien de parenté entre l'auteur et son œuvre - ne sont que des manières relatives, entre bien d'autres, d'en aborder le sens. La genèse d'une œuvre, dans le temps de l'histoire et dans la vie d'un auteur, est le moment le plus contingent et le plus insignifiant de sa durée. De tous les grands livres on peut dire ce que Borges écrit des romans de Wells : « ils s'incorporeront, comme la fable de Thésée ou celle d'Assuérus, à la mémoire générale de notre espèce, et fructifieront dans son sein quand aura péri la gloire de celui qui les écrivit et la langue dans laquelle ils furent écrits ». Le temps des œuvres n'est pas le temps défini de l'écriture, mais le temps indéfini de la lecture et de la mémoire. Le sens des livres est devant eux et non derrière, il est en nous : un livre n'est pas un sens tout fait, une révélation que nous avons à subir, c'est une réserve de formes qui attendent leur sens, c'est « l'imminence d'une révélation qui ne se produit pas  », et que chacun doit produire pour lui-même. Ainsi Borges redit, ou dit, à sa manière, que la poésie est faite par tous, non par un. Pierre Ménard est l'auteur du Quichotte pour cette raison suffisante que tout lecteur (tout vrai lecteur) l'est. Tous les auteurs sont un seul auteur parce que tous les livres sont un seul livre, d'où suit encore qu'un seul livre est tous les livres, « et j'en sais qui, à l'égal de la musique, sont tout pour tous les hommes ». La bibliothèque de Babel est parfaite ab aeterno; c'est l'homme, dit Borges, qui est un bibliothécaire imparfait; parfois, faute de trouver le livre qu'il cherche, il en écrit un autre : le même, ou presque. La littérature est cette tâche imperceptible - et infinie. 

(une lecture qui aura malencontreusement échappé au comique Rast'u)

* *

*

Qu'on me permette de noter NatL cette bibliothèque, grande extension de la bibliothèque de Gromov.

et d'introduire un morphisme dont on reparlera :

NatL -> MatL

Autrement dit de voir littératures* et mathématiques* comme des rayons de ... L, une bibliothèque encore plus vaste.

* *

*

Quels sont les critiques de MatL ?


Wednesday, 18 August 2021

figures du réel VII : Épidémiologie politique

L'entêtement des hommes à contrer l'entêtement des faits (et réciproquement), doucereuse ironie.

https://www.youtube.com/watch?v=NUCCMTEu2Kk
https://www.youtube.com/watch?v=sCqqbP6Oe_Q&t=449s

Nature ingénieuse ? Homo candide, imbu de son propre mythe.
https://www.youtube.com/watch?v=Y1i8y5xBM7M (28'-)


Sunday, 4 July 2021

abstractio philologica


Il serait amusant de voir ce qui surviendrait dans nos 'sciences humaines' si soudainement on prenait au sérieux l’impératif platonicien : Άγεωμέτρητος μηδείς είσίτω

Sans même entrer en territoire catégorique,  il est manifeste que \( a\in B \) , \(B\) un ‘ensemble’ et \(a\) un de ses éléments représente encore aujourd’hui une saisissante abstraction en complète rupture, certes pas avec les sciences, littéralement portées par elle, mais avec à peu près tout le reste de nos langages, essentialisants par un indécrottable atavisme.

Car certes poser \( a\in B\), c’est pour ainsi dire, se moquer : qui donc est ce \(a\), qui se dit de \(B\) ? Anne, duchesse de Bretagne, comtesse de Montfort et d'Étampes, reine des Romains, de Naples et de France, on y voit clair. Mais ce(tte) \( a\) de \(B \) ? Pour qui vous (nous) prenez vous ? 

L'essence, comme le parfum, chassée avec force protestation de rigueur conquise sur les 'erreurs' passées est presque toujours prestement réintroduite en toute bonne conscience.

* *

*

Prenez cette théorie de la lecture : De la sémantique structurale à la sémiotique des cultures.

La sémantique interprétative,  résolument holistique (opposée au principe compositionnaliste,  le global détermine le local), distinguant raisonnablement macro et méga sémantique (texte  / document / corpus) , semble bien ancrée en terre structuraliste : 

Sans hypothèses sur la théorie de la connaissance ou sur l’ontologie, la sémantique interprétative ne traite ni des représentations, ni des objets du monde. Elle décrit en effet le sens des langues et des textes oraux et écrits sans faire appel à des réalités conceptuelles ou mondaines, mais comme le produit de différences entre signes et autres unités, tant en contexte qu’au sein des textes et des corpus.

Les sciences sociales auraient-elles donc finalement trouvé un ancrage dans l’invariance (‘structuraliste’)  ? pas si vite.

Las, on s'empresse de ré-essentialiser, sitôt abattues les essences jugées dépassées.

Sous couvert de rayer toute ontologie, on ne laisse pas d’en produire une, sortie toute armée du politique : celle du texte, ou plus généralement de l’objet culturel.

Car la culture est bien le culte contemporain, le nouveau topos du politique.

C’est qu’il y a un hic de méthode : où sont donc les ‘bonnes’ limites herméneutiques ?

Il faudra être bon chasseur, voilà tout. Et en effet on nous le dit bien clairement  : 

Un corpus est un regroupement structuré de textes intégraux, documentés, éventuellement enrichis par des étiquetages, et rassemblés : (i) de manière théorique réflexive en tenant compte des discours et des genres, et (ii) de manière pratique en vue d’une gamme d’applications.

Quelques précisions s’imposent ici. (i) L’archive réunit l’ensemble des documents accessibles pour une tâche de description ou une application. Elle n’est pas un corpus, parce qu’elle n’est pas constituée pour une recherche déterminée. (ii) Le corpus de référence est constitué par l’ensemble de textes avec lequel on va contraster les corpus d’étude. (iii) Le corpus d’étude est délimité par les besoins de l’application. (iv) Enfin les sous-corpus de travail varient selon les phases de l’étude et peuvent ne contenir que des passages pertinents du texte ou des textes étudiés.

Où l’on retrouve l'intentionnalité créatrice de sens, b-a-ba du kantisme. Question : quelle est donc l’intention de Rastier dans ses ‘études’ heideggériennes, un rien don quichottesques, et bel exemple d'instrumentalisation de ce type de récit culturel ? Visiblement rien au-delà de celle d'Emmanuel Faye.

Car il est non moins cocasse de ne lire Heidegger que depuis son environnement immédiat certes 'politiquement chargé’ que de prétendre que son œuvre traverserait 20 ans de national-socialisme en toute transparence.

Faudra-il aussi confiner le premier Hergé dans des bibliothèques réservés aux Autorisés-à-lire ?

Toujours suivant Rastier T(/S)otorisant, on se demande si la lecture d’Homère est seulement possible (autorisée ?) sachant que nul corpus ne nous en in-di/que/cte la ‘bonne’ lecture. Pas plus que nous ne savons lire l’allemand, nous ne savons le grec ancien. Et je m'interroge gravement sur notre capacité à lire Shakespeare et Dante.

(Zagdansky faisant son affaire à FR : (début de ) https://youtu.be/Ne3MUlsnPKw

* *

*

Visiblement, Rastier ne parle pas le mathématiques. Il est tout à fait étonnant que l’assise structuraliste dont il se prévaut (Saussure), qui aurait dû le mettre sur la voie (à défaut de plus de fréquentation des maths), le laisse marcher si loin dans le vide. Il ne semble pas s’apercevoir que l'étroitesse de sa réflexion condamne aussitôt :

  • l'arithmétique d'un morveux de 3 ans qui comptant sur ces doigts, compte n'importe quoi
  • toute “application” des maths à l'entièreté du champ scientifique : comment, en effet, (trans)porter les mathématiques hors de leurs frontières, jusqu’en biologie ? sociologie ? économie ?
  • La langue catégorique, transductive, comme doit l'être tout langage : ponts fonctoriels (Grothendieck), toposiques (Caramello), au cœur des mathématiques du XX/Ie s.
L'infini est cet indéfini que même un richissime Gromov n'enserre pas. (“\( 10^{10^{10}}\) is not quite a finite number”, Ergobrain). Si lire \(B\) c'est l'illuminer depuis un \(a\), il n'est pas de pré-liste (S. Kauffman : unprestatable) dans laquelle puiser \(a\) a priori : $$ a \rightarrow B $$Et il n'est pas même certain que l'on ne puisse dépayser Heidegger jusqu'à le lire depuis Robbe-Grillet. Ceci peut s'appeler : liberté (qui donnait aussi la nausée à ce bout en train de Sartre)