Wednesday, 9 October 2024

FRLXXII: Crébillon: Récit du nonn 2

 LETTRE XIII




Quoi que vous puissiez m'en dire, Monsieur, il n'y avait rien ni à quoi je fusse moins préparée, ni à quoi je dusse moins l'être, qu'à l'aveu que vous me faites. J'imaginais même si peu que je fusse cet objet qui avec tant de mystère, occupe depuis quelque temps votre imagination, que sans mille choses qui me désignent dans votre Lettre, au point qu'il ne m'était pas possible de m'y méprendre, je n'aurais jamais cru qu'elle pût m'être destinée.

*déni hyperbolique*

Sans vous détailler ici tous les motifs que je pouvais en avoir, la façon dont vous avez vécu jusques ici, ne suffisait-elle pas pour me faire penser que ce ne pouvait pas être moi que vous eussiez crue digne de remplacer dans votre cœur Madame de Vo…, lorsque, surtout, il y avait tant d'apparence que vous teniez à Madame du Br... quelque compte de ce qu'elle faisait pour vous? Vous avez, si je puis vous le dire, quelquefois témoigné que les femmes qu'aujourd'hui l'on appelle plus que philosophes , ont tout naturellement des droits sur vous: et, si je ne pouvais vous soupçonner d'ignorer à quel point celle-là mérite un si beau titre, ce n'en était pas plus pour moi une raison de croire qu'auprès d'elle le mépris vous sauvât du désir; et que même ce n'en fût pas une de plus, pour qu'elle vous en inspirât.

*Crochet du gauche et knockout… noter la complexité syntaxique : ce n'en était pas plus pour moi une raison de croire … que même ce n'en fût pas une [raison] de plus, pour qu'elle vous en [désir] inspirât.

Perfection stylistique et syntaxe labyrinthique au service de la violence de l'attaque : les coups tombent crescendo jusqu'au dernier, estocade en gants blancs.

Tout duc qu'il est, l'amant se voit dûment rappelé à l'ordre par un pair.*

Je ne puis, ce me semble, vous dire mieux combien j'étais loin d'imaginer que ce fût à moi que vous voulussiez bien penser; et si vous voulez bien prendre la peine de relire ma dernière lettre, ce que je vous y dis sur l'objet de votre nouvelle passion, le ridicule que je jette sur votre timidité, la peine que j'ai à croire qu'elle soit placée, tout, enfin, vous y prouve assez que je ne vous en impose pas, quand je vous en assure; mais la plus forte des preuves que je puisse vous en donner, et qui, si vous me connaissiez mieux, serait pour vous du plus grand poids, est la façon dont, depuis mon séjour ici, je vis avec vous: si j'eusse imaginé ce qui m'arrive aujourd'hui, il s'en serait fallu beaucoup que j'eusse eu en vous, tant de confiance. Je croyais pouvoir, sans risque, en accorder à l'ami; mais, ou vous ne l'auriez jamais vue naître, ou vous l'auriez bientôt vue tomber, si j'eusse eu le plus léger sujet de craindre que ce fût à l'amant que je parlais avec tant d'ouverture de cœur. S'il est possible, qu'en vous examinant de plus près, j'eusse, malgré votre silence, découvert, ce qu'à vous en croire, vous sentez pour moi depuis longtemps, il ne me le paraît pas moins que je ne m'en fusse jamais doutée. Il me semble qu'on ne devine guère que les sentiments qu'on désirait de faire naître: et, soit dit sans vous offenser, je n' n'avais pas de vous plaire, le plus léger projet. Je crois, de plus, pouvoir dire de moi, sans qu'on ait lieu de m'accuser de me vanter trop, ou de me connaître mal, qu'il y a peu de femmes plus indifférentes sur l'effet de leurs charmes, que je le suis sur l'effet des miens, ou qui puissent moins présumer de leur puissance:

*Belle affirmation assez contredite par les lettres XLVII et XLVIII*

 et, en partant de la, vous ne devez pas avoir de peine à concevoir, ou que l'on peut m'aimer fort longtemps, sans que je m'en aperçoive, ou que je puis m'en apercevoir, sans m'en croire pour cela, plus obligée à la reconnaissance. Je me rends, d'ailleurs, assez de justice pour convenir que la la crainte de m'y donner quelque ridicule, me rend, dans la société, d'une circonspection, même d'une réserve qui ne peut que répandre dans mes manières beaucoup de froideur, et dans mon esprit une fort rebutante sécheresse; qu'enfin, il n'y a que quelques amis particuliers, et avec qui je suis sûre de ne point courir le risque d'une déclaration, qui puissent trouver dans mon commerce, quelque sorte d'agrément. Moins, dans les premiers temps de notre liaison, je vous avais inscrit sur cette liste, moins je devais imaginer que le malheur de vous avoir trop plu, me fût arrivé. Vous passiez pour homme à la mode; et c'en était assez pour que je me fusse fait une loi d'outrer toujours avec vous la sévérité. Je n'ignore pas que les hommes se font de tout auprès de nous, des sujets d'espérer; que le moins présomptueux de tous, n'est point encore, à cet égard, aussi modeste qu'il devrait l'être; et que le ridicule de croire trop aisément qu'elle a de quoi faire de tendres impressions, est beaucoup moins à redouter pour une femme, que la certitude qu'on ne saurait la trouver aimable, ne l'expose. 

[lire: une femme trop sûre de ne pas être aimable s'expose à des attaques d'autant plus dangereuses que non anticipées, au contraire de la coquette qui, toujours persuadée d'être recherchée, est parée à tout.]

Ces maximes ont toujours été les miennes; et vous sentez aisément qu'avec votre réputation, vous deviez moins que personne, me les faire oublier. Aussi, ne pourrais-je que difficilement vous exprimer à quel point vous me surprîtes, lorsqu'après m'avoir plusieurs fois rencontrée, vous me parlâtes du désir que vous aviez de ne devoir pas toujours ce bonheur au hasard. Ce que je parus craindre quand vous me le marquâtes, ce fut qu'une maison aussi sérieuse que la mienne, ne pût convenir à un homme livré à une aussi grande dissipation, que vous l'étiez. Mais, si ce désir de votre part, me surprit, il me fâcha peut-être plus encore. Si, à certains égards, je n'y voyais rien de dangereux pour moi, je craignais, du moins, les propos que votre admission dans ma société, pouvait faire tenir. Comme je vous connaissais beaucoup d'esprit, et d'usage du monde, je me flattai que vous entendríez ce qu'en m'obstinant à vous paraître si convaincue que vous ne pouviez que vous ennuyer chez moi, je voulais vous faire comprendre; et que même, vous le regarderiez comme un refus que, par toutes sortes de raisons, je ne pouvais pas vous faire d'une façon plus marquée. Je ne comptais, cependant, pas tant sur cela, que je ne crusse devoir, et communiquer votre demande à M. de Cercey, et lui témoigner en même temps, à quel point il m'obligerait de vous détourner, s'il se pouvait, du projet que vous aviez formé.

*une nouvelle ligne maginot est mise en place, c'est assez dire si la menace est perçue comme plus sérieuse que jamais. *

 Vous sentez aisément que M. de Cercey que j'ai, pourtant, de fortes raisons de ne pas croire votre confident, mais qui est trop votre ami pour ne point tâcher de faire réussir tout ce qu'il vous plaît d'entreprendre, me blâma, tout à la fois, de mes craintes, et de ma réponse; et qu'il m'assura fort que si, comme tous les hommes de votre rang, vous aviez eu le ridicule de la liste, il y avait déjà longtemps que vous étiez revenu d'un travers qui n'était, en aucune façon, fait pour un caractère aussi solide, et pour un esprit aussi sensé que le vôtre. Je le crus enfin, parce que j'avais moi-même trouvé souvent en vous, de quoi m'étonner que le faux air et la frivolité pussent être pour vous de quelque prix: 

*Aveu d'admiration. La duchesse oppose fond et forme : les ‘étourderies’ (dixit Cercey) du duc ne peuvent -encore- lui valoir l'enfer définitif, au yeux de la duchesse. Simplement parce qu' elle n'est pas encore assez convaincue des sentiments de son amant pour pouvoir décemment lui en vouloir sérieusement de ses aventures avec des ‘philosophes’.*

mais, quelque persuadée qu'il me laissât de votre changement à cet égard, il ne m'en avait pas plus disposée à vous recevoir chez moi; ce ne fut donc, je ne vous le cache pas, qu'avec un chagrin assez vif, que le lendemain même de cette conversation, je vis M. de... qui m'avait déjà, et plus d'une fois parlé de vous avec les plus grands éloges, saisir l'occasion qui nous rassemblait tous chez Madame de G... pour me dire, en vous présentant à moi, avec la plus grande cérémonie, qu'il désirerait ardemment de vous voir autant de mes amis, que vous étiez déjà des siens. La nécessité que, par cette démarche, il m'imposait de vous recevoir, me déplut; et quoique la politesse me forçât, autant que ce que je lui dois, de déguiser ce mouvement; si, comme vous me l'assurez, j'avais dès ce temps-là l'honneur de vous plaire, vous ne dûtes assurément pas être content de la façon dont je vous reçus: loin d'avoir de quoi donner des espérances à l'amour, elle ne pouvait que décourager l'amitié même la moins délicate. Je ne sais quelle impression vous en reçûtes; mais au peu d'attention que vous parûtes y faire, ou elle ne prenait pas beaucoup sur vous, ou vous vous en consoliez par l'idée que je commandais à mes yeux, de ne pas déceler ce qui se passait dans mon cœur.

*La singulière résistance de la duchesse n'a effectivement pu que mettre en alerte son amant (prétendu). Comme malgré elle, plus le génie systématique de là duchesse déploie les hypothèses, plus elle accuse son amant, plus elle fait en creux le parfait portrait de la vertu sur la défensive après qu’eros l'eut touchée, qui a juste ce qu'il faut d’outré pour la trahir et rendre la traque superficiellement plus ardue, en réalité plus certaine.*

Dans l'un ou l'autre de ces cas, pour que la froideur que je vous montrais, vous laissât tant de liberté d'esprit, il fallait que vous ne m'aimassiez pas dès lors autant que vous me le dites, ou que vous ne m'aimassiez point du tout. Le sentiment ne saurait permettre, ce me semble, ou tant de présomption [vous vous consoliez par l'idée que je commandais à mes yeux, de ne pas déceler ce qui se passait dans mon cœur] , ou une si grande tranquillité, ou tant de dissimulation; et je ne crois pas, quelque contrainte qu'il veuille s'imposer, qu'il lui soit possible de renfermer ce qui le flatte, ou le désespère au point que le supplice, ou l'enchantement de l'âme laisse sur le visage l'air le plus paisible, ou le plus indifférent.

*A nouveau le brio du style et l'extrême délicatesse du fond ne laissent guère planer le doute sur l'authenticité de ce qui ressortit bien davantage d'un frais témoignage que de l'essai dissertant. C'est aussi encore l'exact représentation de l'asymétrie h/f , de la proie et du prédateur, dont Chester dans Les heureux orphelins est le parangon, qu'elle dévoile en quelques lignes dans une sorte d'introspection hypnotique.*

 Sans chercher plus longtemps à approfondir une chose qui vaut si peu la peine de l'être, que je ne fusse encore rien pour vous, qu'il vous parût déjà que je vous avais touché, c'est ce qui devrait nous être d'autant plus égal, que l'un ne me semble pas plus être pour vous, un sujet d'espérer, que je ne trouve l'autre, une raison pour moi, de vous croire; ou, si vous l'aimez mieux, de payer vos sentiments de la sorte de reconnaissance que vous vous flattez qui leur est due, et que vous en espérez, sans doute, malgré tout le désintéressement dont vous vous parez,

*La présomption du duc semble ici malmenée : la duchesse rappelle au duc, le proposant, la liberté de l'attaquée, qui, puisqu'elle dispose, renverse le rapport de force. Et effectivement, c'est bien parce justement elle est déjà touchée que leur relation existe (en particulier l'échange épistolaire, qu'elle autorise, que l'on sait représenter un demi aveux), et non par les prétentions du duc.*

 et qui, tout bien joué qu'il est, ne m'attrape point: mais vous ne le croyez pas, peut-être? Nous verrons donc.

*Une acceptation in fine de la partie de chasse, qui sans être un aveu, contredit la défense agressive mise en place et présentée dans le reste de la lettre.*


Monday, 7 October 2024

FRLXVIII: chantp

Logonthie/ logomythie / en-cha/nt/mp-ement littéraire


https://www.youtube.com/watch?v=lQk5JM1nUrs&list=RDMMN5BWg5BForo

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chantp: en-chantp-ement

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ὣς ἄρα φωνήσας πόρε φάρμακον ἀργεϊφόντης

ἐκ γαίης ἐρύσας, καί μοι φύσιν αὐτοῦ ἔδειξε.

ῥίζῃ μὲν μέλαν ἔσκε, γάλακτι δὲ εἴκελον ἄνθος:

μῶλυ δέ μιν καλέουσι θεοί: χαλεπὸν δέ τ᾽ ὀρύσσειν

ἀνδράσι γε θνητοῖσι, θεοὶ δέ τε πάντα δύνανται.

Ἑρμείας μὲν ἔπειτ᾽ ἀπέβη πρὸς μακρὸν Ὄλυμπον

νῆσον ἀν᾽ ὑλήεσσαν, ἐγὼ δ᾽ ἐς δώματα Κίρκης

ἤια, πολλὰ δέ μοι κραδίη πόρφυρε κιόντι.


(Od X 300)

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Logomythie :  logique du chantp (chant/champ)

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Logomythie : chantp du signe (g.o.)

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En/chantement // be-wild/ beguile

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ᾠδή 

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Le chantp laisse (s’é)couler/évaporer l’explicitation

κάθαρσις 

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Révélation n’est pas raison : macbeth : what, is it so ? frais vs vrai

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Conte chantpêtre

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Le chant aeido, diffère, reporte l’explication° (to heal)

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Trag_odos

Satyre/metis/Loge

La transformation (devenir) comme solution de l’(insoutenable légèreté de l’) être.

Jeu de satyre : gonna f* yu

Clown/conseil (socrates selon alcibiade)

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τόφρα δὲ τοὺς ἄλλους ἑτάρους ἐν δώμασι Κίρκη

ἐνδυκέως λοῦσέν τε καὶ ἔχρισεν λίπ᾽ ἐλαίῳ,

ἀμφὶ δ᾽ ἄρα χλαίνας οὔλας βάλεν ἠδὲ χιτῶνας:

δαινυμένους δ᾽ ἐὺ πάντας ἐφεύρομεν ἐν μεγάροισιν.

(Od X 450)

*

f/vraîcheur du chantp, chantp f/vrais

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ἄνδρα μοι ἔννεπε, μοῦσα, πολύτροπον

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https://youtu.be/N5BWg5BForo?si=nVIKyiySMGZeMxjE



FRLXXI: free ride: bossa nova






Samba Do Avião

https://www.youtube.com/watch?v=_PQ0HxBnUWs&list=RDikutCJd13cM

Chega De Saudade

https://youtu.be/N5BWg5BForo?si=OcCAYYnvM0VxrM-q

https://www.youtube.com/watch?v=tlp8iY4g--4&list=RDmcERxtlRPQo

Aquarela do Brazil

https://www.youtube.com/watch?v=O7COXcs1RkQ&list=RDmcERxtlRPQo


FRLXIX: Crébillon: perfectio: Récit du nonn

Crébillon : lettres de la duchesse de *** au duc de ***, ou le récit du nonn.

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Nier qu'Il fût, qu'Il pût être ... l'objet 

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Récit du nonn : le non du Nom

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Nom secret : ne le prononcer, ni le voir

*

Le nonn : l'autre ambiguïté de l'être


* * *


LETTRE XX

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comptage : Je : 71, Vous : 103, Amour : 7

*

Je ne suis point du tout étonnée que vous le soyez, vous, de tout ce que je vous ai mandé de Madame de L. V. et de votre ami. Sa façon de vivre avec lui, surtout dans les termes où ils en sont l'un et l'autre, est, en effet, une chose si rare que quand vous feriez même pis que de douter de tout ce que je vous ai dit, je vous le pardonnerais encore. À l'égard des raisons qu'elle a pour cacher si peu ses sentiments, si je ne vous les dis pas, ce n'est point dans l'intention de vous en faire mystère; mais parce que pour vous les déduire, j'aurais besoin d'entrer dans une multitude de détails qui, en coûtant beaucoup à ma paresse, ne pourraient que médiocrement vous intéresser. S'il arrivait pourtant que vous les crussiez dignes de votre curiosité, M. de Cercey, qui les possède encore mieux que moi, et qui ne craint pas tant d'écrire, se fera selon toute apparence, un plaisir de la satisfaire. À propos de lui, je suis encore on ne peut pas plus surprise qu'il ait eu la force de vous cacher ses engagements avec Madame de L. V. Il est vrai qu'elle en avait exigé secret le plus profond; mais il n'en est pas, malgré cela, moins extraordinaire, non seulement qu'il l'ait si rigoureusement gardé avec vous, mais qu'il ait su vous déguiser sa marche assez bien pour que ç'ait été de moi que vous l'ayez cru amoureux.

*Le Duc refait, par plus fin que lui, et surtout par plus amoureux que lui : l’amour a donné au Comte un talent que le Duc n’a pas : avancer masquer. La duchesse insiste sur le tour de force extraordinaire du couple, couple mythique. Elle revient à la fin de la lettre sur l’ « étourderie » du Duc, à mettre directement en face de la discrétion du Comte.*

J'avoue que pour me convaincre de sa régularité à cet égard, il ne me fallait pas moins que cet incident. Vous êtes, si je ne me trompe, plus piqué contre lui du mystère qu'il vous a fait, que reconnaissant de ce que vous êtes encore le seul à qui il ait parlé; et si cela est, vous ne savez pas aussi bien que je le croyais, ce qu'on doit à sa parole, lors même que ce n'est qu'à une femme qu'on l'a donnée. A présent que vous n'avez plus à vous appuyer de l'exemple que, dans vos idées, je recevais de Madame de L. V., je voudrais bien savoir ce qu'à sa place, vous croirez capable de m'amener à l'amour. Il faut en convenir; vous venez de faire une perte qu'entre nous, je crois que vous réparerez bien difficilement. Tout mal fondé qu'était votre espoir, il vous amusait du moins; et, je vous le répète, dans votre position, il pouvait vous arriver peu de choses aussi cruelles, que de le voir s'évanouir.

*elle s’amuse de lui, au moment même où elle ne sait rien mieux qu’elle s’est elle-même amener à l’amour*

Pour vous en consoler, si, cependant, cela se peut [raillerie bis], je vous apprends que nous n'aurons pas ici les deux hommes que je craignais, et de qui, par je ne sais quelle raison, vous-même y regardiez le séjour à peu près comme un malheur.

*Jalousie, sans doute, qu’elle fait mine d’ignorer : à la limite de la coquetterie. Il lui plait d’autant plus de le mettre sur le gril qu’elle n’ignore pas la différence entre l’amour vrai, qui la ‘mine’, et le goût seul qu’elle lui reconnaît : elle lui fait payer son calvaire d’être (amoureuse).*

C'était ce qu'on appelle un arrangement: Mesdames de L. F... et de M... avaient formé le projet de venir passer quelques jours avec nous; ils devaient, eux, comme c'est l'usage, les y précéder de vingt-quatre heures, pour ne rien marquer. Hélas! ils étaient tout près de leur départ, lorsque je ne sais quel événement imprévu retient Madame de L. F...; et que l'autre est de semaine contre son espérance. Tous ces gens-là, et vos courriers de moins, me soulagent plus que je ne pourrais vous le dire. Les hommes se sont excusés comme ils ont pu: nous avons d'autant plus aisément reçu tout ce qu'ils ont voulu nous dire sur cela, que c'était avec plus de chagrin que nous les attendions. Comme ces Messieurs sont sujets à changer de direction, je me plais à croire que celle qui les attirait vers nous, n'existant plus dans quelques jours, nous en serons tout à fait débarrassées. Je fais, ainsi que vous savez, assez peu de cas de l'inconstance; mais si la leur peut nous procurer ce bien, je conviendrai, pour la première fois de ma vie, qu'elle peut par-ci par-là, être bonne à quelque chose. Il fallait quand j'y pense, que pour former cette partie, ils ne sussent positivement où aller; car je sais que Madame de L. V. et sa maison ne les amusent point t du tout. J'ai dans la tête (mais peut-être que je me flatte) que je pourrais bien aussi entrer pour quelque chose dans leur changement de projet. Sans compter la haine cordiale dont m'honorent Messieurs Dar... et de D..., Madame de Ma... ne saurait me souffrir, parce que je suis, dit-elle, la plus grande bégueule qu'elle connaisse: c'est une injure que je suis bien fâchée de ne pouvoir pas lui rendre. Je crois bien que vous pensez de moi comme elle en parle;

*C’est en fait là qu’elle voulait en venir : après le couple idéal, L.V. & Cercey, les couples ridicules. Or la Duchesse les rapproche du Duc, après l’avoir mis à distance des premiers au début de la lettre.*

et que toute la différence que sur ce point, il y a entre elle et vous, c'est que vous ne l'osez pas dire si haut. Je vous trouve avec moi, depuis quelque temps, un certain aigre-doux qui me prouve combien intérieurement vous me voulez de mal, et tout ce qu'il vous en coûte pour me le dissimuler. Enfin, vous ne pouvez pas supporter que je fasse des réflexions; et dans le fond, vous n'avez pas tant de tort; car il est certain qu'eussé-je pour vous le penchant, même le plus décidé, elles y nuiraient beaucoup. Je ne dis point qu'elles l'anéantissent; je ne serais, peut-être, pas assez heureuse pour cela; mais, du moins, elles me le feraient combattre si longtemps que, quelque vivement que vous désirassiez la victoire, vous pourriez vous lasser de l'attendre, et de la poursuivre. Vous avez, au reste, dans vos succès passés, de quoi vous rassurer sur les rigueurs que je vous promets: moi-même, à vous parler naturellement, je ne me réponds pas de vous en accabler toujours; et c'est, peut-être, ce qu'il y a de plus fâcheux pour vous. Si je comptais plus sur ma vertu, vous me vaincriez bien plus sûrement: mais comme pour n'avoir pas encore eu de faiblesse, je n'ai point la vanité de m'en croire exempte, toutes les précautions que je n'imaginerai pas avoir à prendre contre vous, je les prendrai contre moi, et même, le plus gratuitement du monde. La persuasion où je suis, et que vous ne me ferez jamais perdre, que les hommes ne peuvent, même le voulussent-ils, être capables du sentiment de l’amour tel que je le conçois, me servira contre vous, plus que vous ne le pensez ;

*presque un soliloque : la Duchesse parle à son miroir : elle se donne des raisons objectives de remporter la lutte, tout en admettant intérieurement une faiblesse telle que, à la fin de la lettre , elle oppose un refus aussi catégorique qu’angoissé à la visite du Duc. Ce soliloque est encore, en lui-même, un aveu.*

et dussiez-vous trouver cela fort rigoureux je n'ai pas encore fait d'exception en votre faveur, même malgré tout ce que M. de Cercey se tue de me dire d'avantageux de votre façon de penser. Il pousse même les choses jusques à vouloir que je vous tienne compte de vos étourderies. Étourderies! vous êtes bien surpris, sans doute, qu'on puisse avoir à vous en reprocher; il n'en est pas moins vrai qu'il vous en est échappé une qui, si du côté de l'amour, vous m'intéressiez davantage, pourrait vous nuire considérablement.

*Un potentiel, certes, mais l’envisager est significatif. Potentiel assorti de ce qui peut être perçu comme un danger pour le Duc. En réalité, la duchesse corrige intérieurement : si du coté de l’amour vous m’intéressiez moins, cela aurait pu vous nuire…*

Il est vrai qu'il est mon ami, et même assez pour que vous l'ayez cru quelque chose de plus; que vous savez, et combien je l'estime, et à quel point je compte sur lui: mais, savez-vous si, en cas que vous m'inspirassiez quelque chose de tendre, je voudrais, tout mon ami qu'il est, qu'il sût ce qui vis-à-vis de moi-même, m'humilierait tant? Cela, peut-être, vous paraît dur; et vous avez tort: ce serait du sentiment, et non de l'objet qu'il aurait, que je serais humiliée; c'était tout ce que je voulais dire. Pour revenir à M. de Cercey, vous vous êtes conduit avec lui si imprudemment, que vous n'avez cru pouvoir mieux vous justifier à mes yeux, de ce ton qu'il avait à vous reprocher, qu'en lui avouant qu'il ne le devait qu'à votre tendresse pour moi, et à l'idée où vous étiez, que je ne l' [le compte] intéressais pas moins que vous-même. Il est vrai qu'il avait même avant que vous lui ouvrissiez votre cœur, les preuves les plus fortes que je suis l'heureuse mortelle à qui vous l'avez consacré; mais comme vous ignoriez qu'il en fût instruit, la confidence que vous lui en avez faite n'en est pas moins une étourderie de votre part, et qui montre, ce me semble, un furieux besoin de parler. Avec lui cela ne tire pas à conséquence;

*chaque phrase renforce l’écart entre le preux chevalier (le Comte) et le satyre (le Duc)*

et je suis très sûre qu'il vous gardera le secret le plus profond: mais que voulez-vous que je pense de vous qui, à peine vous croyez amoureux de moi, qu'il vous faut quelqu'un à qui le dire? Ne serais-je pas, si je le voulais, en droit de présumer qu'avec si peu de discrétion sur vos propres sentiments, vous en auriez moins encore pour les miens? Votre intention était-elle qu'il me parlât en votre faveur? Je vous avais écrit qu'il en était ridicule: était-ce pour qu'il ne tarît pas sur vos louanges? Eh bien! il le fait; mais je n'ose vous dire (car je crains que cela ne soit malhonnête) combien tout ce qu'il me dit, quelque véhémence qu'il y mette, a peu de force vis-à-vis de ce que je me dis moi-même :

*la phrase peut être lue à l’envers : les « arguments » de la duchesse en faveur du Duc sont d’une toute autre force que ceux du Comte*

c'est encore une cruauté qui m'échappe, je sais bien; mais aussi pourquoi vous mettez-vous si souvent dans le cas d'en essuyer? Vous savez bien que c'est moins ma faute que la vôtre.

*Il n’est pas certain qu’elle ne soit pas plus sensible à ses propres « cruautés » que ne l’est le Duc…*

À propos de cruauté, M. de Cercey vient d'être cause que vous en allez trouver ci-dessous, une de plus, de ma part. Il voulait que je vous permisse de venir ici; moi je le lui ai refusé tout net; et, pour qu'il ne manque rien à cette rigueur, je vous défends de vous y offrir à mes yeux, sous quelque prétexte que ce soit, que je ne vous le permette. Ce n'est pas là, sans doute, le moyen de me remettre bien avec vous; mais, dussé-je en encourir votre haine, je n'y veux affirmativement point vous voir. À l'égard des raisons sur lesquelles porte cette volonté, ce n'est pas à vous à me les demander: je crois en avoir; mais que cela soit ou non, votre rôle dans cette occasion, ainsi que dans toutes celles qui pourront se présenter, est de m'obéir sans examen; tout ce que je puis pour vous, est de vous permettre le murmure; encore faut-il que ce soit tout à fait entre vos dents: entendez-vous? Voyez si je ne suis pas instruite de mes droits; et quelle dureté d'empire je vous laisse à craindre. En vérité! plaisanterie à part, cela devrait bien vous dégoûter de m'aimer!

*Cette fin de lettre est pratiquement un aveux, qui ne devrait pas échapper à l'affût du Duc. Le finish sur aimer n’est pas … une plaisanterie !  les droits que la duchesse revendique sur le Duc ne peuvent en toute logique n’avoir qu’une seule contrepartie…*

FRLXVI: NAUSSICA ou la reconnaissance

Aristê / bonne compagnie (Crébillon) : reconnaissance

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https://www.revuedesdeuxmondes.fr/wp-content/uploads/2016/11/ba5be14dec8763ad74a625f6ee40900d.pdf


L'ENIGME DE L'ELEGANCE


Déesse ou mortelle ?


Commençons par une scène première, dont l'écho n'a cessé de résonner dans la littérature et dans l'art - pour autant qu'il s'agisse en eux de savoir comment habiter le monde. C'est, au chant VI de l'Odyssée, la rencontre d'Ulysse et de Nausicaa. Bien des choses nous y serviront de repères ; je n'insisterai pas. Les inflexions sont nombreuses, elles renvoient à ce que l'on pourrait appeler la profondeur de l'évidence. Cheminement, détours nécessaires à qui veut donner un sens au mot d'élégance, et savoir de quelles postulations, de quelles transformations il provient.

*

Voici donc Ulysse jeté sur le rivage des Phéaciens. Il est presque au terme de son errance, « plein d'usage et raison », mais sale et nu - laissons les considérations de psychologie profonde que peut faire que peut faire naître sa situation. Cependant Nausicaa est avertie en songe d'aller « auprès du fleuve aux belles eaux courantes » ; ses noces approchent, le linge doit être immaculé. On foule les draps, les vêtements dans les rires ; des servantes étendent le linge sur le gravier lavé par le flot. Puis on se baigne et l'on se met au repas ; on joue à la balle, on a dénoué ses voiles pour jouir de la vivacité de l'air. Un chœur de jeunes vierges danse sous nos yeux - nous sommes dans un monde lavé. - Homère fait passer devant nous des biches et des nymphes, l'histoire se tait, Nausicaa est un nom matinal, une harmonie, dans l'ignorance de soi.

La description que fait Homère de la jeune princesse est très précise, quoique nous ne sachions presque rien du détail de son corps. Elle a part à un élan, à la sève du monde. Mais alors que nous nous croyions à distance de toute espèce de société (le charme de la scène aidant), nous voyons Nausicaa « se détacher du groupe de ses femmes » ; « sans peine on la reconnaît entre tant de beautés ». L'excellence s'unit à la procession naturelle, la distinction à la grâce : une supériorité qui manifeste, en elle, l'intensité du monde.

Il faudrait s'arrêter sur chacun des mots de ces deux phrases ; rhéia t'arignôtè pélétai : aisément (rhéia, les choses coulent de source), une « aristocratie », une noblesse se font reconnaître (arignôtè, bientôt le nobilis latin), mais peut-être parce qu'en Nausicaa le simple « se trouver » (pêlétai) est à son plus haut degré, cet « être dans un lieu » se traduisant par l'exactitude rêveuse d'un mouvement qui donne à l'habiter. Le verbe rejoint son sens originel (« se mouvoir dans un lieu ») : non pas simplement y être, mais s'accorder à la puissance (ce préfixe, ari-*) qui l'anime, ce « bougé » naturel équivalant à la vie. C'est ainsi que Nausicaa « se détache », « se distingue » (métaprépei) de celles qui l'entourent, respectant à la fois la convenance, le prépon de l'horizon humain, et le dépassant (meta) de toute la force d'une vie puisée à un fonds plus lointain ; et c'est à ce moment précis qu'Ulysse la voit.

FRLXVII: perfectio

mais vous en êtes un…






*

Perfectio: rien derrière/au-dessus.

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Athéna : pas d'état d'âme

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Perfectio perficere achever .. quoi ? La régression ad infinitum

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Noblesse oblige : le (simple) effet/fait de l'éducation.

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Duchesse : Amor == Reconnaissance FRLXVI

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La duchesse et le duc : être. Être quoi ?

2C IX : maths of maths

ℕ: indexe !

a*b*c*...

Si les mathématiques sont signes alors je ne vois pas que ℕ fasse signe vers chronos comme la jalousie.

mathematics of mathematics is closer to mathematics of Life than to mathematics of a physicist’s non-Life*.

 

 

 math des math  : temps

“structure élémentaire de la parenté” / “données élémentaires sur la conscience” : perception élémentaire du mouvement : PEM (corps, conscience, mvt : Poincaré : CF Bennequin): phenom

 

temps : Ereignis, Wesung, Anwesen … und : diese Ferne des Gott

 

Conne_temps : temps_quantique < temps_paramètrique

G, géomètre, ne pense pas le temps_quantique.

td:col = die Ferne des Gott



qd a -> b, donc les hom de b, il y a bien classification de b. mais , en contrast avec Cat, il y a ajout : nouveauté. ce concept n'existe pas ds .. les maths ! d’autre part il y a a->b=>z, donc ajout après ajout.

double imprévisibilité : que b se mette près de a : a->b, que z soit.

ou : z est un dd, qui traîne là, sans vrai statut. et a et b traînent là aussi. et une étincelle...