Sunday, 2 January 2022

figures du réel XIV : polys

Kant, idiot utile, officier de mal-lecture, Newton d'opérette métaphysique.

* *

*

Sans doute le latin des Pères lui a-t-il fait perdre son grec. 

La sophistique a pourtant posé le décor assez distinctement : logos est un paravent sur ce réel « que l'on ne saurait voir ». Il vous dit comment gouverner le multiple, la poikilia poli-tica : par la poly-s, que les Grecs ont malicieusement travesti en polis.

Polys : (art du gouvernement d'une) Marée des hommes, myriades, dont Iliade célèbre les grands meneurs, devant Troie.

Logopolys : l’alliance nécessaire, qu’Odysseus polymechanê maitrise, quand Achilles ne sait que chanter. Ce polylogicien a bien compris que le bras du fils de Têtis ne suffira pas, il faudra un dieu-machine : une techno-log-ie.

Athéna fidèle lui souffle, fille de Zeus.

* *

*

Kant penseur-à-béquille, joueur d’ontobonneteau à cornet, confond vessie et lanterne : «langage est, et réel n’est pas.» Amen.


figures du réel VIII : genres de L, natL, matL

A quoi pourrait donc bien ressembler une critique 'littéraire' du genre mathématique ? A la fois qui et quoi ? 

A supposer donc que l'on a :

natL matL ⇒ L

c'est-à-dire que l'on dispose de L, La Bibliothèque/Littérature, dont natL et matL ne seraient que des genres, parmi d'autres...

L'idée n'est pas entièrement nouvelle : Paul Feyerabend s'en fait l'écho indirecte page après page (Contre la méthode, Adieu la raison), certes problématisant l'idée plus politiquement qu'esthétiquement.

Récoltes et Semailles, passage obligé de la réflexion.

On peut donc dire que la notion de topos, dérivé naturel du point de vue faisceautique en Topologie, constitue à son tour un élargissement substantiel de la notion d’espace topologique, englobant un grand nombre de situations qui autrefois n’étaient pas considérées comme relevant de l’intuition topologique. Le trait caractéristique de telles situations est qu’on y dispose d’une notion de « localisation », notion qui est formalisée précisément par la notion de site et, en dernière analyse, par celle de topos (via le topos associé au site). Comme le terme de « topos » lui-même est censé précisément le suggérer, il semble raisonnable et légitime aux auteurs du présent Séminaire de considérer que l’objet de la Topologie est l’étude des topos (et non des seuls espaces topologiques). —A. Grothendieck and J.-L. Verdier, SGA 4



figures du réel XIII : étonnement/surprise

étonnement/surprise : avatar de μῆτις.
comme tous les rejetons de μῆτις, l'étonnement surpris n'a pas eu l'heur d'entrer dans les catégories métaphysiques (je n'ose dire philosophie, tant celle-ci est la martyre de celle-là)
*
Dé-couvrir : comment ne pas s'étonner que nul part dans le dictonnaire Martin Heidegger aleitheia et unverborgen ne soit jamais traduit par dé-couverte ?
*
Odysseus dé-couvre Calypso, mais Nausicaa le dé-couvre.
*
Découverte < hasard
l'être, chez Heidegger (oppose) résist(ance) < on ne force pas le hasard
La dé-couverte se situe nécessairement dans ce "temps aléatoire" / temps propre : Ereignis
Ereignis < temps mythologique < hasard
*
Avenance : séduction (de l'objet). Or Ereignis renvoie bien d'abord à événement : comprendre : imprévisible.
*
idea : immaculata conception : laissons à idea son sens de songe, de symphonie de nouveau monde.

Sunday, 3 October 2021

Viral learning



Le virus dispose d’un certain nombre de ‘chemins’ de mutation, ou ‘méthodes’ (meta-odos). Inévitablement, ces méthodes sont en nombres finis, et même plus précisément sont d’un ‘certain type’ : car il n’y a pas d’algorithme universel. Donc dans sa phase d'expansion, le virus apprend très vite en mettant en œuvre sa capacité à apprendre, ce qui pour un virus signifie qu’il mute. On voit ainsi proliférer les variants. La phase de tarissement de la créativité du virus correspond à l''épuisement' de ses méthodes sur l'ensemble de son graphe d'activité (qui couvre de facto au XXIes la planète entière). Pour rebondir, il lui faudrait découvrir de nouvelles méthodes significativement à distance de celles qu’il connaît. C’est-à-dire qu’on retrouve ici le compromis exploration / exploitation dans sa version apprentissage 'profond' / apprentissage 'classique', ou encore, suivant Kuhn : révolution / paradigme : Il faudrait que le virus dispose de mutations 'révolutionnaires' pour sortir de la spécialisation dans laquelle il se trouve, dans la phase d’exploitation de ses méthodes.

Donc il faut carrément un nouveau virus, qui arrive avec des méthodes non encore connues des cibles / hôtes, ou alors une mutation ‘géniale’. Une mutation géniale est probablement hors de portée d’un ‘dispositif’ viral trop ‘simple’, il faut donc en fait un bassin d'expérimentation qui permette d’apprendre (avec le temps) : un bassin animal nouveau.

L’effet de la connectivité du monde d'aujourd'hui - induisant le graphe sur lequel évolue le virus - a donc cet effet d'accélérer les mutations d’un virus, qui mute et ... disparaît plus vite qu’au Moyen-Age : une fois épuisé son réservoir de méthodes, ses innovations sont impuissantes face à la réaction du milieu, qu’il a lui-même induite.

En revanche les réactions ‘créatives’ du milieu produisent de fait un nouveau bassin d'apprentissage pour le virus ou d’autres. C’est-à-dire que la réaction localement bénéfique du milieu risque de constituer une nouvelle ère de jeu/apprentissage pour l'ensemble des virus disponibles, à terme.




30/01/22 : "pression de sélection considérable"

Sunday, 19 September 2021

figures du réel XII : in/définis scientifiques


apeiron : in-défini

*
très défini infini mathématique

*
que serait une théorie mathématique du temps, de l'évènement ? de l'incertitude (Taleb)?

*
apprentissage de l’infini : La ‘révolution copernicienne’ est bien plutôt l’indice de l’étendu de notre méconnaissance*. La philosophie (dieu de Spinoza, Schopenhauer, Nietzsche, …) est un apprentissage de l’indéfini, tout [typiquement] humain : comment une machine peut-elle l’apprendre ?

(temps, évènements scientifiques : historicité des sciences)

un siècle après Dedekind, Heisenberg, Morgan : vase logique, quantique, phylogénétique:

Cartier : sur (l'évolution de) la rigueur mathématique (après 1.10.45) 

Connes : Apeiron : qu' y a t il de définitif ds la science ? artifice / bricolage de l'outil mathématique de la réduction du paquet d'onde; la décohérence ne résout pas le problème de la réduction du paquet d'onde quantique

Eric Bapteste : network paradigm

*
Poiesis : deux styles, deux récits finis sur le monde : matL, natL


figures du réel X : apeiron

Apeiron, vu des Deux Mondes :



le silence éternel            ὃ δὲ νόσφι λιασθεὶς
de ces espaces                τῶν ἄλλων ἀπάνευθε καθέζετο κύδεϊ γαίων
infinis                             εἰσορόων Τρώων τε πόλιν καὶ νῆας Ἀχαιῶν
m'effraie                         χαλκοῦ τε στεροπήν, ὀλλύντάς τ᾽ ὀλλυμένους τε.                   
                                                             

figures du réel XI : Descola, Feyerabend



Selon Descola, la dichotomie Nature / culture est une invention occidentale.

Mais la distinction nature / culture ne cache-t-elle pas un invariant plus fondamental ?

Derrière les dichotomies difficilement expugnables de l’occident (même après tentatives ‘critiques’: déconstruction etc) : science / non science, math / poésie, rationnel / irrationnel, … ne faut-il pas chercher d’abord un principe directeur plus fondamental, qui serait un habitus, un ‘gène’ : ordre, ou hiérarchie serait son ‘phénotype’. Donc là où le non choix / valeur serait la norme des peuples éloignés, un schème d’ordonnance présiderait à toutes nos représentations et institutions.

A la place d’une classification plate, -en peigne - , une classification ordonnée, - arborescente - qui nous amène à hiérarchiser nos propres représentations parmi les plus valorisées (math / poésie).

Une ‘preuve’ à la Feyerabend de cela serait de remarquer que nous sommes capables de renverser des hiérarchies anciennes : la crise Copernicienne marque la bascule religion / science, ou la Raison change de côté.

Autrement dit, seule la notion d'ordre est invariante, pas les objets sur lesquels il porte.

La dualité nature / culture ne serait qu’un avatar de ce schème.

Et ceci n’aurait pas toujours été le cas en ‘occident’ : le polythéisme de l’Iliade semble décalé dans notre monde (oui même celui des présocratiques déjà) ou le monisme (d’abord religieux puis ‘séculier’ : la Science) domine.

Il n'est pas inintéressant de remarquer que l'arbre de l'évolution de Darwin est tout autant une classification qu'un jugement de valeur. Et d'ajouter que le changement de paradigme induit par le dépassement du graphe particulier qu'est l'arbre au profit de graphes plus généraux (réticulés), comme suggéré par Eric Bapteste, n'est pas un petit pas conceptuel.