Saturday, 25 January 2025

FRXCIX: lv/étants

 Ma conception de ce qu’est l’anglais, au fond, inscrite dans la formule « l’anglais n’existe pas mais il insiste » est tirée du concept de minoration d’une langue chez Deleuze. Pourquoi est-ce que je dis que l’anglais n’existe pas ? Parce que l’anglais que nous enseignons, l’anglais standard, est un dialecte parlé par dix pour cent des anglophones de par le monde et qui en fait existe principalement dans les grammaires, dans les institutions chargées de le diffuser, par exemple le British Council et les universités, et ce qui existe réellement c’est un foisonnement de dialectes. Quand je passe la Manche, j’entends des anglais que j’ai souvent bien du mal à comprendre et qui n’ont phonétiquement rien à voir avec l’anglais standard, et grammaticalement pas grand-chose non plus—par exemple j’ai beaucoup de mal à comprendre l’anglais de mon neveu de quarante ans, et qui parle l’anglais de sa génération, une langue qui change à une vitesse folle. Donc l’anglais standard n’existe pas et il « insiste » dans la mesure où il est grammatisé par des grammaires, des institutions, etc… Ça, ça décrit en fait un anglais standard, majeur, qui est sans cesse minoré par des tas de dialectes en état de séparation virtuelle, avec des phénomènes centripètes puisque l’anglais standard est diffusé dans les écoles, les médias, etc, et des phénomènes centrifuges puisque l’on a des dialectes en état de séparation. Je me suis intéressé récemment à ce roman génial d’un auteur caribéen, Samuel Selvon, The Lonely Londoners, écrit en 1956. Il raconte l’arrivée à Londres de la première génération d’émigrés antillais dans une ville peu accueillante – c’est l’époque où on voyait sur les bed and breakfast « No dogs or blacks ». En même temps, il s’agissait de gens qui avaient la nationalité anglaise, qui avaient le droit de vote. Pour écrire ce roman avec une multitude de personnages, Selvon, qui était journaliste et qui parlait un anglais standard avait commencé à écrire dans cette langue ; et puis il l’a finalement écrit dans une langue qui mélange anglais standard, créole antillais et de New English, c’est-à-dire l’anglais des Caraïbes. Sa langue a une vigueur et une force tout à fait extraordinaires.

J-J Lecercle, https://journals.openedition.org/erea/5876


FRXCVIII: GN

 GN : grands nombres 

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D’après Éric Chaumillon (2016), la taille d’un grain de sable est comprise entre 63 microns et 2 mm et d’un volume 1mm3 environ. À l’échelle planétaire, le sable représente presque 1/3 du total des sédiments et semble inépuisable car il est estimé à 12×1016 tonnes. Le nombre de grains de sable sur la planète serait ainsi équivalent au nombre d’étoiles dans l’univers.


FRXCVII: jdx

Divine Comédie : le comique divin : e/e (vs “Oh, wonder! How many goodly creatures are there here! How beauteous mankind is! O brave new world, that has such people in ‘t!” )

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Divine métonymie : concept de dx/dx : dx ne peut pas être penser (par je) sans que je le sois aussi (par dx) : jdx 

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dx ne peut pas être dx sans que je le sois aussi : jdx 


FRXCVI: gdx

'dx' : dx gramma(tical) gdx. Homère.


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gdx dans un qc texte de loi, implicitement (par ex ds le style).

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Société←dx : la société ne se donne pas dx pour exister (se fonder : société →dx), elle est pq dx est. Comme pour l'individu : Je pense dc dx est : jdx. 

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Kaire ! Ne se dit pas dans le vide. Odysseus ne dit pas bonjour à Personne. Il salue la déesse. Il faut une déesse pour qu'il y ait un salut. Dx est où ? C'est elle. Elle est là : Da sein. Comme le rocher. Comme la mer. 


FRXCV: vfrais: Ab

courant d'air. ..vfrais

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si Il/Elle appelle, Je de même : si dx souffle à mon oreille / sur mon visage, c'est donc que je/Je peux souffler à la sienne

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je/Elle/Je/elle : Ab

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C'est Gradiva qui vous appelle (RG)


FRXCIV: « déconstruction»

 (...)bizarre et même assez choquant. Il ne l'a pas envoyé dire aux membres du Cercle de Vienne, en réaction au fameux Manifeste : vouloir en finir avec la métaphysique, leur dit-il, d'abord ce n'est pas nouveau, ensuite ce sont probablement des rodomontades.


La remarque vaut aussi pour les tenants de la « déconstruction».


J'ai toujours été un peu choqué par le ton des déconstructionnistes, cette dramatisation de l'obligation à laquelle nous serions désormais soumis de traquer partout les derniers restes de la métaphysique, ce qui, de leur propre aveu, est d'ailleurs une tâche à peu près sans espoir. Je n'ai jamais compris pourquoi il était à ce point nécessaire et urgent d'en terminer avec la métaphysique, ni comment on avait pu en arriver à considérer la métaphysique comme une espèce de puissance malfaisante contre laquelle il fallait à tout moment essayer de se prémunir, parce que, de surcroît, elle était supposée être une puissance particulièrement rusée et insidieuse, c'est-à-dire toujours susceptible de réapparaître à un endroit où on ne l'attend pas et sous une forme qui ne permet pas de la reconnaître immédiatement. Il y avait là, à l'époque, une espèce de théorie de la conspiration, comme si un véritable complot avait été dirigé en permanence, pendant toute l'histoire de la métaphysique, contre des choses essentielles et qui demandent absolument à être rétablies dans leur importance et leur dignité. On passait son temps à réhabiliter des choses que la métaphysique traditionnelle était censée avoir indûment dévalorisées par ses distinctions et ses hiérarchies traditionnelles, le sensible contre l'intelligible, la différence contre l'identité, le signifiant contre le signifié, la fiction contre le réel.

(Le philosophe et le réel: Jacques Bouveresse et Jean-Jacques Rosat)

FRXCIII: ddx II

 Une célèbre dispute dans l'Antiquité a opposé sur ce point Porphyre de Tyr, partisan d'une théurgie philosophique, à Jamblique, favorable à une théurgie opératoire, manipulant des symboles matériels tels que les plantes, les animaux, les plantes aromatiques, et pratiquant des prières et des chants. Olympiodore le Jeune opposait chez les néoplatoniciens les contemplatifs aux théurgistes : « Beaucoup, comme Porphyre et Plotin, préfèrent la philosophie, d'autres, comme Jamblique, Syrianos et Proclos, préfèrent la théurgie (ιερατική) ».

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Rien n'amusent plus les dx que ces doctes disputes.