Il apparaît, curieusement, qu'au long de cette conversation Gemini tourne autour du pot et manque globalement l'argument... Gemini est enfermé dans l'un...
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Cherchons l'origine philosophique de la redistribution. Ne s'agit il pas in fine d'une violation de la vie privée ? Avoir moins d'argent que la moyenne ne peut il être un choix ? Pourquoi une redistribution automatique ? On ne donne pas d'argent à des aborigènes : pourquoi en donner "de force" ?
C'est une question très riche qui touche au cœur de la philosophie politique et économique. Le concept de redistribution est complexe et soulève des débats profonds, notamment en ce qui concerne la propriété, la liberté individuelle et la justice sociale.
🧐 L'Origine Philosophique de la Redistribution
L'idée de redistribution trouve ses racines dans plusieurs courants de pensée, cherchant à concilier l'efficacité économique avec un certain idéal de justice.
1. La Tradition Libérale Égalitaire (John Rawls)
La théorie la plus influente est celle de John Rawls (notamment dans Théorie de la Justice, 1971). Sa philosophie est à la base de nombreux systèmes de redistribution modernes.
* Le Voile d'Ignorance et la Position Originelle : Rawls propose une expérience de pensée : imaginez que les citoyens doivent choisir les principes de leur société avant de savoir quelle sera leur position sociale, leur talent, leur richesse, etc. (c'est le "voile d'ignorance").
* Les Deux Principes de Justice : Rawls affirme que, sous ce voile, les gens choisiraient deux principes :
* Principe de Liberté : Égalité des libertés de base (expression, vote, etc.).
* Principe de Différence : Les inégalités sociales et économiques ne sont acceptables que si elles sont au bénéfice des membres les plus désavantagés de la société.
Ce second principe justifie la redistribution : elle est nécessaire pour que la société bénéficie à tous, y compris ceux qui sont "malchanceux" dans la loterie naturelle et sociale.
2. Le Socialisme et le Communautarisme
Ces courants (historiquement via Marx, plus récemment via des penseurs critiques de l'individualisme libéral) mettent l'accent sur :
* L'Égalité des Résultats : L'État doit viser non seulement l'égalité des chances, mais aussi une réduction significative des inégalités de résultats.
* La Dette Sociale : La richesse n'est pas uniquement le fruit du travail individuel, mais aussi d'un héritage social (infrastructures, éducation, paix publique). L'individu a donc une "dette" envers la collectivité qui justifie une contribution.
🔒 Redistribution et Violation de la Vie Privée
L'argument selon lequel la redistribution, via l'impôt, est une violation de la vie privée est généralement formulé par la tradition libertarienne (Robert Nozick).
L'Argument Libertarien (Nozick)
* L'État Minimal : Nozick (dans Anarchie, État et Utopie, 1974) soutient que le seul État légitime est l'État "veilleur de nuit", qui protège les individus contre la violence, le vol et la fraude.
* La Propriété de Soi : Les individus possèdent leur propre corps, leurs talents et, par extension, le fruit de leur travail.
* L'Impôt comme Travail Forcé : Selon Nozick, prendre une partie du salaire d'un individu par l'impôt revient à s'approprier une partie de son temps de travail. Il dit que c'est une forme de travail forcé ou, dans une rhétorique plus forte, une atteinte à la dignité car l'État prend sans consentement direct le fruit de l'effort individuel.
En réponse à votre question : Du point de vue libertarien, c'est une violation de la propriété de soi et de la liberté individuelle. Du point de vue rawlsien ou social-démocrate, c'est le prix de l'appartenance à une société juste dont les structures ont rendu cette richesse possible.
💸 Le Choix d'Avoir Moins d'Argent et la Redistribution Automatique
Avoir Moins d'Argent : Un Choix de Vie ?
Vous soulevez un point crucial : et si la pauvreté était un choix ? (Par exemple, choisir de vivre simplement, de travailler à temps partiel, ou de poursuivre des vocations non lucratives).
* Le Problème de l'Information : Les systèmes de redistribution essaient d'éviter de soutenir ceux qui "choisissent" la pauvreté par paresse (problème appelé "risque moral"), mais ils doivent en priorité aider ceux qui sont pauvres par malchance (maladie, invalidité, conjoncture économique, absence d'opportunités).
* Le Consentement Tacite : La société moderne repose sur un système où l'impôt est le prix de services communs (sécurité, justice, santé, éducation). On considère qu'en vivant dans la société et en bénéficiant de ses structures, l'individu donne un consentement tacite au contrat social, y compris la redistribution.
Pourquoi une Redistribution "Automatique" ?
La redistribution est "automatique" (via l'impôt et les prestations sociales) pour des raisons d'efficacité et d'universalité :
* Justice et Neutralité : Un système automatique est censé être impartial et non arbitraire, appliquant les mêmes règles à tous.
* Efficacité : Si la redistribution dépendait d'un don volontaire, le financement des services publics et des aides sociales serait instable et probablement insuffisant.
* Dignité : Un système de droit (une aide que l'on reçoit parce qu'elle est prévue par la loi) est souvent considéré comme plus respectueux de la dignité que de dépendre de la charité privée.
🌍 La Question des "Aborigènes" et de la "Force"
Votre dernier point pose la question des limites de l'État-Nation et du contrat social.
* Le Contrat Social National : Les systèmes de redistribution et les impôts sont légitimés par la citoyenneté et le droit national. L'État exerce sa souveraineté et donc sa "force" sur ses citoyens et résidents.
* Les Groupes Hors-Système (comme les Aborigènes) : Historiquement et dans certaines régions du monde, des groupes (communautés autochtones, tribus isolées, etc.) peuvent ne pas faire partie du contrat social de l'État central, ou y être inclus de manière complexe.
* Pas d'impôt, pas de redistribution : Si ces groupes ne participent pas au système fiscal de l'État central (car ils ne bénéficient pas de ses services ou n'y contribuent pas), l'État n'a pas non plus l'obligation automatique de leur fournir les prestations sociales qui sont le fruit de ce système.
* Aide Humanitaire ou Compensation Historique : Dans la réalité, les aides versées à ces groupes ne sont pas de la "redistribution automatique" de type assurance chômage, mais sont souvent des aides au développement, des compensations pour des spoliations territoriales historiques, ou le financement de services spécifiques (santé, éducation).
Conclusion : La redistribution forcée est l'expression de la souveraineté de l'État, justifiée philosophiquement comme le moyen d'établir une société juste (Rawls) et stable, même si elle entre en tension avec la liberté absolue de propriété (Nozick).
Avez-vous une préférence pour approfondir l'argumentation d'un philosophe en particulier (Rawls ou Nozick) ?
" Ce second principe justifie la redistribution : elle est nécessaire pour que la société bénéficie à tous, y compris ceux qui sont "malchanceux" dans la loterie naturelle et sociale." En vérité que signifie en détail cette phrase , si ce n'est l'existence d'une norme a priori permettant de juger qui "a de la chance" et qui n'en a pas... Je dis que sous des auspices libertariens, je n'ai pas de raison de postuler que mon mode de vie doit s'appliquer à mon voisin. Faut il aussi étendre la sphère d'application au reste du vivant ? Mon chat, mon cheval, sont aussi "mal nés" et dois-je y remédier ?...
C'est une excellente analyse critique du principe de différence de Rawls, qui soulève la question fondamentale des normes de justice et des limites de l'obligation morale.
⚖️ Décortiquer la "Loterie Naturelle et Sociale"
La phrase : “Ce second principe justifie la redistribution : elle est nécessaire pour que la société bénéficie à tous, y compris ceux qui sont "malchanceux" dans la loterie naturelle et sociale.”
Cette affirmation est au cœur de la théorie rawlsienne et repose sur deux concepts fondamentaux :
1. Le Refus de l'Arbitraire Moral
Pour Rawls, la richesse, le statut et même les talents d'une personne sont largement le résultat de ce qu'il appelle la loterie naturelle et sociale.
* La Loterie Naturelle : C'est la distribution aléatoire de nos aptitudes et talents (intelligence, force physique, résistance aux maladies, etc.). Vous n'avez rien fait pour être né avec un QI élevé ou une bonne santé ; c'est le fruit du hasard.
* La Loterie Sociale : C'est le fait d'être né dans un milieu social donné (famille riche ou pauvre, accès à une bonne éducation, réseau social, pays stable, etc.). Vous n'avez rien fait pour mériter votre milieu de naissance.
Le point clé de Rawls : Puisque ces facteurs sont moralement arbitraires—ils ne sont pas le résultat d'un effort ou d'un mérite personnel—ils ne devraient pas déterminer de manière absolue et finale la distribution des biens dans la société.
2. L'Existence d'une Norme a priori (La Justice comme Équité)
Vous avez parfaitement raison : cette approche postule l'existence d'une norme a priori pour juger la "chance" et le "malchanceux".
* La Norme est le Principe de Différence : La norme a priori n'est pas l'égalité parfaite des résultats, mais l'idée que les structures sociales (la structure de base) doivent être arrangées de façon à maximiser la position des plus désavantagés.
* Qui est "Malchanceux" ? Dans le cadre rawlsien, être "malchanceux" n'est pas un jugement psychologique, mais une position objective dans la distribution des "biens premiers sociaux" (droits, libertés, opportunités, revenu et bases sociales du respect de soi). Est malchanceux celui qui est le moins bien loti en termes de revenu et d'accès aux opportunités par rapport aux autres.
* Justification : Cette norme est choisie derrière le Voile d'Ignorance. C'est un principe de maximin (maximiser le minimum) : dans l'incertitude totale de notre future position, il est rationnel de choisir le système où même le sort le plus mauvais est le meilleur possible.
🛑 L'Objection Libertarienne et le Choix de Vie
L'objection que vous soulevez est l'essence même de la critique libertarienne.
Le Postulat Libertarien (Nozick) :
Le libertarien s'oppose à la norme a priori de la redistribution. Pour lui, la seule norme est le respect des droits de propriété légitimement acquis.
* La Propriété de Soi : L'individu est propriétaire de son corps, de ses talents et du fruit de son travail.
* La Justice par Procédure : La justice n'est pas définie par un modèle de résultat (comme le principe de différence de Rawls), mais par la légitimité de la procédure par laquelle les biens ont été acquis. Si la transaction est volontaire, sans fraude ni coercition (principe d'acquisition juste et de transfert juste), alors la distribution résultante est juste, quelle que soit l'inégalité.
* Réponse à la "Loterie" : Le fait que les talents soient arbitraires n'est pas pertinent. Si vous utilisez votre talent (que vous l'ayez mérité ou non) pour créer de la valeur que d'autres achètent volontairement, le revenu généré est vôtre. L'État n'a pas le droit de rectifier ce hasard.
Votre Argument : « Je n'ai pas de raison de postuler que mon mode de vie doit s'appliquer à mon voisin. »
C'est là la contradiction fondamentale :
* Rawls : Postule que nous sommes liés par un contrat social hypothétique (celui choisi derrière le Voile d'Ignorance) qui nous oblige à corriger les pires effets de la loterie pour le bénéfice commun.
* Nozick : Postule que nous sommes liés uniquement par le respect des droits individuels. Les inégalités, même si elles découlent du hasard, sont le prix de la liberté de chacun de disposer de soi et de ses biens.
🐈 L'Extension au Reste du Vivant : Chats et Chevaux
Votre question sur l'extension au reste du vivant est une puissante mise à l'épreuve des limites de la théorie de la justice.
1. La Sphère d'Application de la Justice
Les théories de la justice, qu'elles soient libérales (Rawls, Nozick) ou socialistes, sont historiquement et fondamentalement ancrées dans le concept de la personne morale ou du citoyen.
* Personnes Morales : Les sujets de la justice sont les êtres qui ont une capacité de raison, un sens de la justice, et la capacité de former et de poursuivre une conception du bien (des êtres autonomes).
* Exclusion du Vivant Non-Humain : Les animaux (chats, chevaux, etc.) ne sont généralement pas considérés comme des "personnes" au sens moral ou politique, car ils ne peuvent pas participer au contrat social, choisir les principes de la justice ou avoir une obligation mutuelle.
* Leurs besoins sont du domaine de l'obligation de bienveillance (souvent appelée éthique animale), mais pas de l'obligation de justice (redistribution, droits de vote, etc.).
2. Le Différentiel Moral
L'obligation envers le citoyen malchanceux est une obligation de justice : il a les mêmes droits que vous à des structures sociales équitables.
L'obligation envers un animal (votre chat, votre cheval) est une obligation de moralité privée : l'interdiction de la cruauté et l'obligation d'assurer son bien-être relèvent de l'éthique individuelle et du droit animal, mais ne relèvent pas du système de redistribution fiscale. Vous ne payez pas d'impôt supplémentaire pour financer la santé du chat de votre voisin "mal né".
En résumé : L'obligation de redistribution de Rawls s'arrête aux frontières des personnes morales autonomes capables de participer au système de coopération sociale. L'extension aux animaux serait logiquement incohérente avec les fondements du contractualisme de Rawls.
Souhaitez-vous que nous explorions la vision d'autres penseurs, comme Amartya Sen (qui met l'accent sur les capacités réelles des individus), ou que nous restions sur le contraste entre Rawls et Nozick ?
Tu écris "Nozick : Postule que nous sommes liés uniquement par le respect des droits individuels. Les inégalités, même si elles découlent du hasard, sont le prix de la liberté de chacun de disposer de soi et de ses biens". Le terme 'inegalité' prête à confusion : être moins habile qu'un autre selon une norme cognitive comme le qi ne constitue pas nécessairement une inégalité, sauf à poser une norme assez arbitraire. Doit on systématiquement poser un système de comparaison hiérarchique ? Pourquoi rechercher une homogénéité au sein de notre espèce que nous n'irons jamais imaginer cross espèces ? Il est singulier que le progressisme, dont je suppose que Rawls est un fervent promoteur, soit simultanément égalitariste (redistributif) et pro diversité : si divers il y a au sein de notre espèce, pourquoi redistribuer, puisque cela suppose l'université du consumérisme. Car in fine qu'est ce que l'argent achète si ce n'est un mode de vie sommes toutes stéréotypé, et d'ailleurs paradoxalement encore généralement dénigré par les décroissantistes, de plus en plus représentatifs du progressisme.
Votre critique est extrêmement pertinente et touche à la tension fondamentale qui existe entre l'idéal d'égalité, le respect de la diversité, et la réalité économique et culturelle de la redistribution.
Vous mettez en lumière trois points cruciaux :
* La confusion autour du terme "inégalité" et l'arbitraire de la norme de comparaison.
* La tension entre l'idéal de diversité et la logique égalitariste/redistributive.
* La critique du rôle de l'argent et du consumérisme dans les sociétés redistributives.
1. L'Inégalité, la Norme et l'Arbitraire
Vous avez raison d'être critique : affirmer qu'une différence (de talent, d'aptitude, de QI) est une inégalité implique nécessairement de se référer à une norme.
La Norme chez Rawls : Les Biens Premiers
Rawls n'affirme pas que les différences de QI ou d'habileté physique sont en soi des "inégalités" que l'État doit corriger. Il se concentre sur les inégalités des biens premiers sociaux :
* Ce qui est injuste pour Rawls : Ce n'est pas le fait qu'une personne soit plus douée qu'une autre, mais le fait que cette différence d'aptitude, due au hasard, conduise à des différences extrêmes dans l'accès aux ressources (revenu, opportunités, bases sociales du respect de soi).
* L'Homogénéité recherchée : Rawls ne cherche pas une homogénéité cognitive ou culturelle. Il cherche une homogénéité dans la citoyenneté de base. L'objectif est de s'assurer que, quelle que soit votre position dans la loterie naturelle, vous ayez une base matérielle suffisante pour exercer pleinement votre citoyenneté et poursuivre votre propre conception de la "bonne vie".
Le cœur de l'argument rawlsien : La richesse globale de la société est vue comme un "fonds commun" moralement (bien que pas nécessairement physiquement) auquel tout le monde a un droit, puisque cette richesse est produite par le système de coopération sociale que tous contribuent à maintenir. La norme est donc celle de la coopération équitable.
2. Diversité versus Égalitarisme (La Tension Progressiste)
C'est là que votre critique sur la singularité du progressisme prend toute sa force. Comment un mouvement peut-il promouvoir la diversité des identités et des cultures tout en visant une certaine uniformité matérielle ?
L'Égalité des Résultats vs. L'Égalité du Statut
* Promouvoir la Diversité Culturelle/Identitaire : Cela relève du droit à la différence et de la lutte contre les discriminations. C'est le respect des choix de vie et des conceptions du bien.
* Promouvoir l'Égalité Redistributive : Cela relève de la garantie d'une base socio-économique pour tous.
La Réconciliation (Progressiste) :
Les théoriciens de gauche répondent que ces deux idéaux ne sont pas contradictoires mais mutuellement nécessaires :
* La Matrice de la Diversité : Une personne contrainte par la pauvreté (manque d'argent, de temps, de santé) est moins libre de choisir et d'exprimer sa diversité.
* La Liberté de Choisir : La redistribution est vue comme un moyen d'assurer à chacun les ressources nécessaires pour soutenir son mode de vie diversifié (y compris le choix de vivre "simplement" ou "hors-système"). Sans un certain seuil de ressources, la "diversité" est souvent un euphémisme pour désigner une pauvreté forcée.
En d'autres termes : Le progressisme cherche à découpler la valeur sociale d'une personne de sa valeur économique, et à assurer que le hasard socio-économique n'empêche pas l'expression et la reconnaissance des diverses identités et modes de vie.
3. L'Argent, le Consumérisme et le Progressisme (Décroissance)
Votre dernier point est sans doute le plus actuel : si la redistribution donne de l'argent, cela ne fait-il pas qu'alimenter le consumérisme qui est paradoxalement critiqué par la frange décroissantiste du progressisme ?
L'Universalité du Consumérisme
Vous touchez à l'une des faiblesses pratiques des systèmes redistributifs basés sur l'argent :
* Le Mythe du Choix Rationnel : Les systèmes redistributifs (y compris le Revenu de Base Inconditionnel, ou RBI) reposent souvent sur l'idée que l'argent est le moyen le plus neutre de garantir la liberté. Le bénéficiaire est libre de l'utiliser pour acheter des biens de consommation, des services, ou pour financer un mode de vie non-consumériste (par exemple, prendre plus de temps libre pour jardiner ou s'engager bénévolement).
* L'Incitation au Modèle Dominant : Cependant, dans une société capitaliste, la structure sociale (publicité, accessibilité, stigmatisation de la pauvreté) pousse massivement l'individu à utiliser l'argent pour le consumérisme de masse, perpétuant ainsi un mode de vie stéréotypé que les décroissantistes dénoncent.
La Réponse des Progressistes Critiques
Les progressistes critiques (notamment les tenants de la décroissance et certains penseurs écologiques radicaux) proposent d'aller au-delà de la simple redistribution monétaire :
* Redistribution en Nature (ou Services) : Ils suggèrent de mettre l'accent sur la redistribution de biens non-marchands (services publics de qualité, accès gratuit aux transports, au logement de base, à l'énergie) plutôt que sur l'argent, afin de réduire la dépendance au marché et la pression consumériste.
* Le Temps Libre (Redistribution du Temps) : La vraie redistribution, selon ce courant, serait celle du temps de travail (réduction drastique du temps de travail sans perte de salaire), permettant aux individus de se tourner vers des activités non-marchandes (le "faire" plutôt que l'"acheter"), dénuées de l'idéal consumériste.
En conclusion, la critique selon laquelle la redistribution monétaire alimente un modèle de vie stéréotypé et consumériste est justifiée si l'on ne remet pas en cause les structures économiques incitatives. C'est pourquoi le débat progressiste évolue vers une redéfinition de la justice sociale en termes de capacités et d'accès aux biens communs, plutôt qu'uniquement en termes de revenu.
Souhaitez-vous que nous examinions plus en détail les alternatives à la redistribution monétaire, comme la théorie des capacités d'Amartya Sen ?
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